Gelukkige verjaardag Vincent
Affichage des articles dont le libellé est JIAA. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est JIAA. Afficher tous les articles
jeudi 30 mars 2017
mercredi 22 mars 2017
JOURS INTRANQUILLES À AUVERS (22)
Lettre à Théo (sans date)*
Merci de ta bonne lettre et du billet de 50 francs qu'elle contenait.
Je voudrais bien t'écrire sur bien des choses mais j'en sens l'inutilité. J'espère que tu auras retrouvé ces messieurs en de bonnes dispositions à ton égard.
Que tu me rassures sur l'état de paix de ton ménage, ce n'était pas la peine, je crois avoir vu le bien autant que l'autre côté. Et suis tellement d'ailleurs d'accord que d'élever un gosse dans un quatrième étage est une lourde corvée tant pour toi que pour Jo. Puisque cela va bien, ce qui est le principal, pourquoi insisterais-je sur des choses de moindre importance, ma foi, avant qu'il y ait chance de causer affaires à tête plus reposée, il y a probablement loin. Voilà la seule chose qu'à présent je puisse dire et que cela pour ma part je l'ai constaté avec un certain effroi, je ne l'ai pas caché déjà. Mais c'est bien là tout. Les autres peintres, quoiqu'ils en pensent, instinctivement se tiennent à distance des discussions sur le commerce actuel. Eh bien vraiment, nous ne pouvons faire parler que nos tableaux. Mais pourtant mon cher frère, il y a ceci que toujours je t'ai dit et je le redis encore une fois avec toute la gravité que peuvent donner les efforts de pensée assidûment fixée pour chercher à faire aussi bien qu'on peut, je te le redis encore, je considérerai toujours que tu es autre chose qu'un simple marchand de Corot, que par mon intermédiaire tu as ta part à la production même de certaines toiles, qui même dans la débâcle gardent leur calme. Car là nous en sommes et c'est là tout au moins le principal que je puisse avoir à te dire dans un moment de crise relative.. Dans un moment où les choses sont fort tendues entre marchands de tableaux d'artistes morts et d'artistes vivants. Eh bien, mon travail à moi, j'y risque ma vie et ma raison y a sombré à moitié - bon - mais tu n'es pas dans les marchands d'hommes pour autant que je sache, et tu peux prendre parti, je le trouve, agissant réellement avec humanité, mais que veux-tu ?
* brouillon de lettre que Vincent portait sur lui le 29 juillet
mercredi 15 mars 2017
JOURS INTRANQUILLES À AUVERS (21)
Lettre à Théo (24 juillet 1890)
Merci de ta lettre d'aujourd'hui et du billet de 50 francs qu'elle contenait.
Je voudrais peut-être t'écrire sur bien des choses, mais d'abord l'envie m'en a tellement passé, puis j'en sens l'inutilité. J'espère que tu auras retrouvé ces messieurs dans de bonnes dispositions à ton égard.
En ce qui me regarde, je m'applique sur mes toiles avec toute mon attention, je cherche à faire aussi bien que certains peintres que j'ai beaucoup aimés et admirés.
Ce qu'il me semble en revenant, c'est que les peintres eux-mêmes sont de plus en plus aux abois. Bon... mais le moment de chercher à leur faire comprendre l'utilité d'une union n'est-il pas un peu passé déjà ? D'autre part une union, se formerait-elle, sombrerait si le reste doit sombrer.
Alors tu me dirais peut-être que des marchands s'uniraient pour les impressionnistes, ce serait bien passager. Enfin il me semble que l'initiative personnelle demeure inefficace et expérience faite, la recommencerait-on ?
J'ai constaté avec plaisir que le Gauguin de Bretagne, que j'ai vu, était très beau et il me semble que les autres, qu'il a faits là-bas, doivent l'être aussi. (...)
À bientôt, porte-toi bien et bonne chance dans les affaires, etc., bien le bonjour à Jo et poignées de main en pensée.
t. à t.
Vincent.
mercredi 8 mars 2017
JOURS INTRANQUILLES À AUVERS (20)
Lettre à sa mère et Wil (entre le 10 et le 14 juillet 1890)
Merci de tout cœur pour vos bonnes lettres qui m'ont fait bien plaisir.
En ce moment, je me sens plus calme que l'an dernier, l'inquiétude qui me troublait la tête s'est vraiment apaisée. D'ailleurs, j'étais certain depuis longtemps que me retrouver parmi les miens aurait cet effet.
Je pense souvent à vous deux et j'aimerais vous revoir. C'est très bien que Wil aille travailler à l'hôpital et qu'elle trouve les opérations moins pénibles qu'elle ne l'aurait cru, cela vient de ce qu'elle apprécie la façon dont on allège la souffrance, et de ce que beaucoup de médecins font tout ce qu'ils peuvent, simplement, raisonnablement et avec bonté. Voilà ce que j'appelle prendre les choses comme il faut, avec confiance. Mais, comme vous le dites, il n'est pas moins nécessaire, justement pour la santé, de travailler au jardin et regarder les fleurs pousser.
Quant à moi, je suis entièrement absorbé par cette étendue infinie, vaste comme la mer, des champs de blé qui couvrent les collines, par la beauté des jaunes, la beauté des verts tendres, le bel indigo des terres sarclées et labourées, avec cette marqueterie régulière du vert des plants de pomme de terre en fleur, tout cela dans une belle lumière aux tons bleus, blancs, roses, violets. Je suis tout à fait dans la disposition, presque de trop grand calme, dans la disposition qu'il faut pour peindre cela.
J'espère de tout cœur que vous passez de bonnes journées avec Théo et Jo, que vous les voyez, comme moi, s'occuper si bien de leur petit, et que lui aussi, malgré tout, se porte bien. Les enfants d'Anna doivent être déjà grands. Pour aujourd'hui je vous laisse, il faut que j'aille à mon travail, je vous embrasse tous en pensée.
Votre affect.
Vincent.
mercredi 1 mars 2017
JOURS INTRANQUILLES À AUVERS (19-fin)
Lettre à Théo et Jo (vers le 10 juillet 1890)
J'espère de tout mon cœur que le voyage projeté puisse vous procurer un peu de distraction. Souvent je pense au petit, je crois que certes c'est mieux d'élever des enfants que de donner toute sa force nerveuse à faire des tableaux, mais que voulez-vous, je suis moi maintenant - au moins me sens - trop vieux pour revenir sur mes pas ou pour avoir envie d'autre chose. Cette envie m'a passé, quoique la douleur morale m'en reste.
Je regrette beaucoup de ne pas avoir revu Guillaumin, mais cela me fait plaisir qu'il ait vu mes toiles. Si je l'avais attendu, je serais probablement resté à causer avec lui de façon à perdre mon train.
Vous souhaitant de la chance et bon courage et prospérité relative, je vous prie de dire une fois à la mère et à la sœur que je pense à elles bien souvent, d'ailleurs j'ai ce matin une lettre d'elles et répondrai sous peu.
Poignées de main en pensée,
Je regrette beaucoup de ne pas avoir revu Guillaumin, mais cela me fait plaisir qu'il ait vu mes toiles. Si je l'avais attendu, je serais probablement resté à causer avec lui de façon à perdre mon train.
Vous souhaitant de la chance et bon courage et prospérité relative, je vous prie de dire une fois à la mère et à la sœur que je pense à elles bien souvent, d'ailleurs j'ai ce matin une lettre d'elles et répondrai sous peu.
Poignées de main en pensée,
t. à t.
Vincent.
Mon argent ne me durera pas bien longtemps cette fois-ci, ayant à mon retour eu à payer les frais des bagages d'Arles. Je garde de ce voyage à Paris de bien bons souvenirs, il y a quelques mois j'osais peu espérer revoir encore les amis. J'ai trouvé bien du talent à cette dame hollandaise. Le tableau de Lautrec, portrait de musicienne, est bien étonnant, je l'ai vu avec émotion.
mercredi 22 février 2017
JOURS INTRANQUILLES À AUVERS (19)
Lettre à Théo et Jo (vers le 10 juillet 1890)
Chers frère et sœur,
La lettre de Jo a été pour moi réellement comme un évangile, une délivrance d'angoisse, que m'avaient causé les heures un peu difficiles et laborieuses pour nous tous, que j'ai partagées avec vous.
Ce n'est pas peu de chose lorsque tous ensemble nous sentons le pain quotidien en danger, pas peu de chose lorsque pour d'autres causes que celle-là aussi nous sentons notre existence fragile. Revenu ici, je me suis senti moi aussi encore bien attristé et avais continué à sentir peser sur moi aussi l'orage qui vous menace.
Qu'y faire, voyez-vous je cherche d'habitude à être de bonne humeur assez, mais ma vie à moi aussi est attaquée à la racine même, mon pas aussi est chancelant. J'ai craint - pas tout à fait, mais un peu pourtant - que je vous étais redoutable étant à votre charge, mais la lettre de Jo me prouve clairement que vous sentez bien que pour ma part, je suis en travail et peine comme vous.
Revenu ici je me suis remis au travail - le pinceau pourtant me tombant presque des mains - sachant bien ce que je voulais, j'ai encore depuis peint trois grandes toiles. Ce sont d'immenses étendues de blé sous des ciels troublés et je ne me suis pas gêné pour chercher à exprimer de la tristesse, de la solitude extrême. Vous verrez cela j'espère sous peu, car j'espère vous les apporter à Paris le plus tôt possible, puisque je croirais presque que ces toiles vous diront ce que je ne sais dire en paroles, ce que je vois de sain et de fortifiant dans la campagne. Maintenant, la troisième toile est le jardin de Daubigny, un tableau que je méditais depuis que je suis ici.
( à suivre )
mercredi 15 février 2017
JOURS INTRANQUILLES À AUVERS (18)
Lettre à Théo et Jo (7 juillet 1890)
Mon impression est qu'étant un peu ahuris tous et d'ailleurs tous un peu en travail, il importe relativement peu d'insister pour avoir des définitions bien nettes de la position dans laquelle on se trouve. Vous me surprenez un peu semblant vouloir forcer la situation. Y puis-je quoi que ce soit, enfin puis-je faire chose ou autre que vous désireriez ?
Quoi qu'il en soit, en pensée encore une bonne poignée de main et cela m'a quand même fait beaucoup de plaisir de vous revoir tous.
Soyez-en bien assurés
t. à t.Vincent.
mercredi 8 février 2017
JOURS INTRANQUILLES À AUVERS (17-P.S.)
Lettre à Théo et Jo (2 juillet 1890)
Il viendra probablement te voir un anglais, australien, nommé Walpole Brooke, demeurant 16 rue de la Grande Chaumière, je lui ai dit que tu lui indiquerais une heure où il pourrait venir voir mes toiles, qui sont chez toi. Il te montrera probablement de ses études, qui sont encore assez ternes, mais il observe pourtant la nature. Il a été ici à Auvers durant des mois et nous sortions quelquefois ensemble. Il a été élevé au Japon, on ne le dirait pas en voyant sa peinture, mais cela pourrait venir.
Merci de l'envoi de couleurs, du billet de 50 francs et de l'article sur les Indépendants.
Merci de l'envoi de couleurs, du billet de 50 francs et de l'article sur les Indépendants.
mercredi 1 février 2017
JOURS INTRANQUILLES À AUVERS (17-fin)
Lettre à Théo et Jo (2 juillet 1890)
Que veux-tu que je dise quant à l'avenir peut-être, peut-être, sans les Boussod ?
Ce sera comme ce sera, tu ne t'es pas épargné du mal pour eux, tu leur as servi avec une fidélité exemplaire tout le temps.
Je cherche moi à faire aussi bien que je peux, mais je ne te cache pas que je n'ose guère y compter d'avoir toujours la santé nécessaire. Et si mon mal revenait, tu m'excuserais, j'aime encore beaucoup l'art et la vie, mais quant à jamais avoir une femme à moi, je n'y crois pas très fort. Je crains plutôt que vers mettons la quarantaine, je déclare ignorer mais absolument, absolument, quelle tournure cela puisse encore prendre.
Mais je t'écris de suite que, pour le petit, je crois qu'il ne faut pas t'inquiéter outre mesure, si c'est qu'il fait ses dents, eh bien pour lui faciliter la besogne peut-être pourrait-on le distraire davantage ici où il y a des enfants, des bêtes, des fleurs et du bon air. Je vous serre bien la main à toi et à Jo en pensée et embrasse le petit.
t. à t.
Vincent.
Inscription à :
Articles (Atom)