mardi 30 octobre 2012


S'il Vous Plaît


Laissez les mots
pour ce qu'ils sont
des salopiots qu’on
voudrait voir grandir
des fils à papa
des ingrats

Dans l’état
où ils rentrent certains soirs
bourrés comme des cantines,
en oubliant qu’ils ont eu
à l’origine, un sens
on a honte de les héberger 

Où vous aimeriez
qu’ils soient
ils ne sont pas
et pour avoir
le dessus sur eux
il faut crier, fort 

Les trouver
au moment où
on en a le plus besoin
est un pari difficile,
presque le treizième
des travaux d’Hercule

En ouvrant la bouche
on se surprend parfois
la langue pendue
à un fil d’Ariane si fin, 
celui de la sagesse,
du mutisme, alors

S’il Vous Plait
Laissez les mots
Dans l’état
Où vous aimeriez
Les trouver
En ouvrant la bouche

lundi 29 octobre 2012

Jamais vu ni Emmanuelle, ni Emmanuelle 2, 3, etc. Le Tatoué* ou l'un de ses VRP m'en a préservé, mais j'ai vu deux ou trois fois La marge. Sylvia Kristel et Joe Dallesandro se mouvant en lumière naturelle dans un hôtel de la rue du faubourg Saint-Denis, entre le boulevard de Magenta et le boulevard Bonne Nouvelle. Un film de Walerian Borowczyk tourné en 1976. Un monde clos. Un souvenir fragile qu'il serait dangereux de soumettre à la lumière crue d'un visionnage contemporain. Qu'ai-je dans la tête ? Sont-ce des bribes d'images rétiniennes particulièrement persistantes, des lambeaux d'ionisation du cerveau reptilien ou - troisième hypothèse - les rayons lumineux constituant ces images ont réellement convergé à travers un système optique jusqu'à un plan focal et impressionné la pellicule argentique placée là à cet effet ? Les couleurs saturées et le grain, le mutisme teinté de minimalisme, tout cela aurait un substrat de réalité ? Cette perte de repères, compréhensible mais difficile à analyser après tant d'années (ou si peu d'années après, tout dépend de l'humeur) serait normale, voire bénéfique ? Une enquête est en cours.
En parcourant à reculons l'escalier de WB, il y avait eu aussi La bête en 75, avec Guy Tréjean en maître d'étalon et La marée, le premier des Contes immoraux en 74 avec Fabrice Luchini au bord de la falaise, équilibriste collé à la paroi, entre la brise de la marée et le grain des mots. Et puis, puisqu'il faut finir par lâcher le morceau, en 1968 il y avait eu Goto, l'île d'amour, mais c'est une autre histoire. Un autre monde. Enquête en cours également. Rapport avant le 31 décembre 2012, si tout se passe bien.
* nouvelle appellation du dieu des chrétiens

dimanche 28 octobre 2012

t'are ta gueule
 > où ça ?
à la récré poilu
 > comment ça ?
cabossé du cuir ch'velu
 > pourquoi ça ?
pass'que t'es un bossu
 > où t'as vu ça ?
notre dame de pourri
 > de qui ça ?
gueule de cagette des halles
 > des halles où ça ?
des halles de bâtards
 > de bâtard où ça ?
oussama dans ta benne
 > dans ma benne où ça ?
dans ta zoum zoum zen

samedi 27 octobre 2012

 COMPTE-RENDU DE L'ASSEMBLÉE GÉNÉRALE ORDINAIRE DU 25 OCTOBRE 2012 

L’Assemblée Générale Ordinaire du Fermoir s'est tenue le 25 octobre 2012, avec un peu de retard, puisque la loi fait obligation à tout organisme à but non clairement définissable de tenir son AG dans un délai maximum de six mois suivant la fin de l'exercice précédent, en l'occurrence avant le 1er juillet 2012.

Le gratte-papier ouvre la séance, consubstantiellement avec le pigiste. La feuille de présence annexée au présent procès-verbal est la suivante : Convoqués : 2. Présents : 2. Le quorum étant atteint, l'assemblée a donc pouvoir pour délibérer sur les sujets soumis à l'ordre du jour.

 Résolution n°1  : Élection du président de séance, du scrutateur, du secrétaire et du commissaire au(x) compte(s). À l’unanimité, le gratte-papier est élu président-scrutateur et le pigiste secrétaire-commissaire.

 Résolution n°2  : Un fonds de roulement annuel de 15,24 euros, prélevés sur les fonds propres du gratte-papier, est soumis au vote. Les appels de fonds de 3,81 euros seront faits trimestriellement. Pour : 2. Contre : 0. Le fonds de roulement est adopté.

 Résolution n°3  : SIQR. Les statuts du journal énoncés le 2 juillet 2011 prévoyaient que le journal maintienne un standard implicite de qualité rédactionnelle, dénommé SIQR. Cette question fait débat au sein du bureau. Le gratte-papier estime que bon an mal an, le contenu rédactionnel est conforme au standard de qualité requis. Le pigiste déclare que l’organigramme hiérarchique et l'absence de toute représentation syndicale sont des freins à la défense d'opinions plus radicales. Pour : 1. Contre : 1. La voix du gratte-papier étant prioritaire, la résolution est adoptée.

 Résolution n°4  : Approbation des comptes et quitus au Comité de Direction. Pour : 1. S'abstient : 1. Les comptes sont approuvés et le quitus est donné.

Aucune question n'étant posée par le(s) présent(s), le pigiste ferme la séance, consub- stantiellement avec le gratte-papier.

vendredi 26 octobre 2012

petit connard des lagons, vieux connard des abysses

jeudi 25 octobre 2012

En lettre, s'il vous plaît
 > c'est quoi dedans ?
C'est du tissu
 > alors c'est pas du courrier
Ça dépend, ça peut l'être
 > comment ça, ça peut lettre ?
Vous n'avez jamais reçu un tissu d'injures ?

mercredi 24 octobre 2012










one day MAB was here
and Italy is still that way

mardi 23 octobre 2012

À qui John Lennon a-t-il demandé le jeudi 11 septembre 1969 (Saint Adelphe) de jouer le samedi 13 septembre (Saint Aimé) à Toronto avec Eric Clapton, Alan White et Yoko Ono, répétitions prévues dans l'avion le 12 septembre (Saint Apollinaire) ? Qui peut appeler au débotté Ringo et Jim Keltner pour un petite session entre amis ? Qui a mouillé le torchon qui brûlait entre John et Paul ? Qui a redonné vie aux allées désertées de Friar Park en 1970 lors de All things must pass ? Qui a réchauffé la glace de The Mighty Quinn par Manfred Mann ? Qui a dessiné la pochette de Revolver ? Qui a porté les bières au Kaiserkeller et les sandwichs au Star-Club, et vice-versa ? Qui a fait la fermeture du Bambi Kino ? Un Berlinois, un taureau aux yeux bleus, anglophile, London-phone-calling, américanoïaque, yakety yak. Name = Voorman. Vorname = Klaus.

N.B. Pour les couche-tard, rediffusion sur Arte le dimanche 28 à 2h du matin du film ALL YOU NEED IS KLAUS ou pour les couche-tôt à l'adresse suivante : http://videos.arte.tv/fr/videos/klaus-voormann--6996290.html

lundi 22 octobre 2012

WINDING                                YOUR WAY                                 DOWN ON                                BAKER STREET


                                                                                                                                                                   LIGHT


                                                                            
                                                                                                                        IN YOUR



                                                                                      HEAD                                              
                                                                                   
                                                

                                      AND DEAD

 

ON YOUR


FEET                                       WELL                                        ANOTHER                                        CRAZY DAY


Baker+Street/4yGxYO?src=5

dimanche 21 octobre 2012

  not far from the Cloud Factory

samedi 20 octobre 2012

Dans la maison, tout devenait fin, fragile, instable. Des fenêtres avaient été ajoutées, les cloisons ajourées, le vent entrait dans les chambres et faisait bouger le mobilier léger. C'était une idée de mon père, enfin d'un ami de mon père, un jeune architecte dont ni mon frère ni moi n'avions jamais entendu parler, mais la décoration intérieure n'était pas notre tasse de thé. Quant à ma mère, elle n'était pas là et je me demandais quelle allait être sa réaction devant l'étendue des aménagements. Les planchers avaient été considé- rablement allégés, au point qu'ils ployaient sous nos pas pourtant prudents et il fallait accorder ceux-ci au mouvement ondulatoire que nous sentions naître sous nos pieds lors de nos déplacements, surtout à l'étage. Devant mon inquiétude concernant la solidité de l'édifice, mon père souriait d'un air malicieux, façon « attends de voir le résultat » ou bien « tu ne connais pas ta chance ». Quelle chance ? Celle de servir de cobaye à ce Corbusier du courant d'air, celle de constater que notre maison était en train de se transformer en château de cartes, en artefact domestique au pays des merveilles de ventôse ? À chaque perte d'équilibre, à chaque rattrapage au dernier moment, mon père avait la parade. « Vous allez vous habituer, vous verrez, ça va vous changer la vie, ça va vous ôter d'un doute qui pèse sur vos esprits ». Mon père parlant d'esprit, c'est ça qui a dû me réveiller. Dehors, le vent soufflait.

vendredi 19 octobre 2012


 île du noir routier, août 1964 

jeudi 18 octobre 2012

moi précitant, je ferai comme papa
du tennis avec une Head Graphite
sans oublier le pari mutuel urbain

moi précitant, je serai comme maman
lucide in the skaï, lisant le braille
de ma vie sur le mur des renonciations

moi précitant, j'aurai des chats comme tonton
j'écrirai des stances à un cambrioleur avide
de droits d'hauteur, et aussi de postérité

moi précitant, je peindrai like my sister
je mettrai les petits à-plats rouges
dans les grands à-plats blancs

moi précitant, je dirai comme mon grand-père
qu'une arme n'est pas blanche ou à feu
mais que dans le magasin, les mots
COMMUNIQUÉ : 75 visites dans la journée d'hier, dont 46 avant midi, la fréquentation du journal a pulvérisé ses standards habituels. Le gratte-papier et pigiste associé vous remercie(nt) du fond du clavier, du dos de la souris.

mercredi 17 octobre 2012

Johnny Hallyday sur un âne, avec son grand-oncle et un chien, Andalousie 1957

mardi 16 octobre 2012

 COMMUNICATION  PARMI LES RARES CONNAISSANCES QUI LUI SONT RESTÉES FIDÈLES, LE GRATTE-PAPIER COMPTE UN PAPARAZZO DE 75 ANS, AUJOURD'HUI RANGÉ DES VOITURES. EN SIGNE D’AMITIÉ, CELUI-CI A FAIT DON AU JOURNAL D'UNE PHOTO EXCLUSIVE, JAMAIS PUBLIÉE ET LIBRE DE DROITS. DEMAIN MATIN, EXCEPTIONNEL- LEMENT DÈS 5H, CE CLICHÉ UNIQUE FERA NOTRE UNE.

NOUS COMPTONS DONC SUR VOUS, CHERS AMIS LECTEURS, POUR FAIRE GRIMPER L'AUDIENCE DU JOURNAL ET DOPER SIGNIFICATIVEMENT LA QUOTE-PART DE LA REDEVANCE QUI NOUS EST REVERSÉE TRIMESTRIELLEMENT PAR LA CDC.

N.B. AU TROISIÈME TRIMESTRE 2012, LA PART DE MARCHÉ DU FERMOIR S’ÉTABLISSAIT À 0,000147 POUR DIX-MILLE, SOIT 0,94 EURO VERSÉ PAR LA CAISSE DES DÉGOUTS ET CONSTERNATIONS (2,81 € DEPUIS LE 01.01.2012 ET 3,60 € SUR UNE ANNÉE COURANTE)

dimanche 14 octobre 2012

FRAGMENTS D'UN MANIFESTE CANIN (4)

Fais le beau, fais-toi beau, j'ai dû abandonner cette idée vers l'âge de 7 ou 8 ans, 45 à 50 ans en équivalent âge d'homme. Je ne comprenais plus l'objet de cette requête domestique. On est beau ou on ne l'est pas. On a un échantillon de beauté sur soi ou on ne l'a pas. Comment mentir sur ce point ? Comment maquiller la réalité quand elle s'impose de toute sa masse. D'un autre coté, si l'observation des traits et de la physionomie générale afflige la vue de l'observateur, le statut canin procure ce supplément de dignité qui transcende le réel.

samedi 13 octobre 2012

FRAGMENTS D'UN MANIFESTE CANIN (3)

J'ai sucé la vie, plus que je ne l'ai croquée. Pourquoi ? Sans doute dans le but d'aspirer cette fameuse moelle que maint chien considère comme la nourriture ultime, celle qui calme la faim originelle, la faim du nouveau-né. En réalité, à force de passer et repasser la langue dans les moindres interstices, je n'ai fait que détremper inexorablement l'os nour- ricier et au moment de le croquer, quand l'envie m'en vint enfin, il s'est délité. Tel un petit mammouth sorti du permafrost, ou un bateau de pêche romain exhumé de son linceul de sédiments marins, il s'est liquéfié, ivre de léchouilles et de salive reçue pendant des années - de chien, donc des décennies pour vous. Maintenant, en attendant que le Grand Dogue Noir me retire le hochet de la vie, je coule des jours tranquilles, mais pas à Clichy.

vendredi 12 octobre 2012


le rêve de la couturière, détail (2)

jeudi 11 octobre 2012

le rêve de la couturière, détail (1)

mercredi 10 octobre 2012

LE QUESTIONNAIRE DE BERNARD PIVOT
À Philippe Manœuvre ( morceaux choisis ) :

Votre mot préféré ?
 - rock
Le mot que vous détestez ?
 - pop
...
Le son, le bruit que vous aimez ?
 - une bonne guitare électrique
Le son, le bruit que vous détestez ?
 - la sirène des pompiers, j'habite en face d'une caserne de pompiers, ça gêne l'écoute
    ...
        ...
            ...
                ...
Si Dieu existe, qu'aimeriez-vous, après votre mort, l'entendre vous dire ?
 - tu as été un bon rocker

EN RÉSUMÉ : Toi aussi TU NOUS BROUILLES L’ÉCOUTE, Philippe !

mardi 9 octobre 2012














Chien s’apprêtant à couvrir une chienne

lundi 8 octobre 2012

WALKING THE                                                       REEPERBAHN





LIKE




A BEATLE IN                                                               SIXTY-ONE

dimanche 7 octobre 2012

Ci-dessous document découvert dans LA MAIN DE SINGE, le blog littéraire de Louis Watt-Owen, qui l'avait lui-même extrait en mars 2011 d'un article paru en avril 2010 dans LA RÈGLE DU JEU































On vous écrira,
1947
Plutôt qu'accabler ceux qui qualifièrent ce manuscrit de littérature odieuse, rendons justice à la première lectrice, Madame Gennie Luccioni, qui vit assez clair, au jour obscurci de l’après-guerre. L’écriture de SBB est un tel choc que chacun peut très bien comprendre ce léger mouvement de recul.

samedi 6 octobre 2012

vendredi 5 octobre 2012

ce qu'il y a de bien avec modiano, c'est ce... ou bien cette impression... comment la décrire... c'est une sensation... indescrip... ou plutôt non, on peut très bien la dire... enfin, pas exactement la dire... mais la définir par son genre... ou par son odeur... je veux dire, le genre et le parf... c'est ce qui définit la civilis... la circonvolution... non pas ça... on ne peut jamais être sûr... jamais tout à fait sûr... en tout cas, ça renvoie au... là je m'avance peut-être un peu... comment... au désespoir... à la cause perdue... il semblerait que c'est... bien être pas sûr... et désespoir de cause perdue... patrick modia no... yes... ah... je serait un autre... non, c'est faux... il faudrait vérifier... ne pas trop s'y fier... tr'opacifier... hat trick'p...

jeudi 4 octobre 2012

COMMUNIQUÉ - Suite au recours déposé par le pigiste auprès de la commission paritaire, le journal a été condamné à publier dans un délai de cinq jours l'article censuré par le gratte-papier le lundi 1er octobre. Le pigiste recevra zéro euro cinquante symbolique au titre du préjudice moral, ainsi qu'un ticket restaurant d'une valeur faciale de 4,50 euros. La direction du Fermoir a obtenu que la taille de la police soit réduite.
 PARUTION IMPOSÉE EN APPLICATION DE LA DÉCISION PARITAIRE N°1210 957 CK 

CONJUGAISON

je me pignole avec mes soucis d'occidental chrétien et pendant ce temps-là, le sang coule à flots depuis des mois dans les rues d'Alep, 1ère ville du 4ème Reich, et une fois que j'ai dit ça, j'ai pas avancé d'un quart de pouce

tu te pignoles avec tes soucis d'occidental chrétien et pendant ce temps-là, le sang coule à flots depuis des mois dans les rues d'Alep, 1ère ville du 4ème Reich, et une fois que t'as dit ça, t'as pas avancé d'un quart de pouce

il se pignole avec ses soucis d'occidental chrétien et pendant ce temps-là, le sang coule à flots depuis des mois dans les rues d'Alep, 1ère ville du 4ème Reich, et une fois qu'il a dit ça, il a pas avancé d'un quart de pouce

elle se pignole avec ses soucis d'occidentale chrétienne et pendant ce temps-là, le sang coule à flots depuis des mois dans les rues d'Alep, 1ère ville du 4ème Reich, et une fois qu'elle a dit ça, elle a pas avancé d'un quart de pouce

on se pignole avec nos soucis d'occidentaux chrétiens et pendant ce temps-là, le sang coule à flots depuis des mois dans les rues d'Alep, 1ère ville du 4ème Reich, et une fois qu'on a dit ça, on a pas avancé d'un quart de pouce

vous vous pignolez avec vos soucis d'occidentaux chrétiens et pendant ce temps-là, le sang coule à flots depuis des mois dans les rues d'Alep, 1ère ville du 4ème Reich, et une fois que vous avez dit ça, vous avez pas avancé d'un quart de pouce

ils se pignolent avec leurs soucis d'occidentaux chrétiens et pendant ce temps-là, le sang coule à flots depuis des mois dans les rues d'Alep, 1ère ville du 4ème Reich, et une fois qu'ils ont dit ça, ils ont pas avancé d'un quart de pouce

elles se pignolent avec leurs soucis d'occidentales chrétiennes et pendant ce temps-là, le sang coule à flots depuis des mois dans les rues d'Alep, 1ère ville du 4ème Reich, et une fois qu'elles ont dit ça, elles ont pas avancé d'un quart de pouce
 PARUTION IMPOSÉE EN APPLICATION DE LA DÉCISION PARITAIRE N°1210 957 CK 


   savon d'Alep 
ZONE


                             CONCERTÉE


                                                                     D'ISOLATION


                                                                                                         ÉMOTIONNELLE


                                                                                                                                                       PRIORITAIRE

mercredi 3 octobre 2012

Fourrage passant le mur des 25 km/h
 Woke up this morning and didn't found myself

mardi 2 octobre 2012

IT'S JUST                                                                          A KISS

 


AWAY





KISS                                                                                    AWAY

Gimme+Shelter/2oEo8X?src=5

lundi 1 octobre 2012

COMMUNIQUÉ - En raison du caractère morbide et potentiellement choquant de l'article programmé par le pigiste pour ce lundi 1er octobre, le gratte-papier fait jouer son droit de véto et en suspend la publication. Néanmoins, la photo qui devait illustrer ce papier sera soumise au bureau du journal qui statuera dans la journée. Merci de votre compréhension.

dimanche 30 septembre 2012


Réveil


Bel objet
Qui donne
L’heure exacte
Deux fois par jour
Pour peu qu’il soit arrêté

samedi 29 septembre 2012


Le Nom du Père


Dans quelque temps peut-être
je pourrai te dire si l’écriture
automatique a prospéré
en marge du Verbe-Alizé
pour l’instant je n’ai trouvé que le nom
du mal qui m’a heurté un matin
masqué à l’heure du laitier
c’est celui de mon père
mais avec un J, avec un C, avec un B

Dans l’intervalle séparant la vision de la peur
juste avant le hoquet qui indique
que le corps de l’oiseau glisse au vent
sans queue ni tête pour gouverner
ses ailes creuses vers la vallée
je me rapproche en silence du rocher
luisant de l’humeur vitrée
d’un des mille yeux de la nuit, crevé
en passant le chas de l’aiguille blanche

vendredi 28 septembre 2012


  le fantôme de l'Opéra

jeudi 27 septembre 2012

VIVEMENT                                                                      CE SOIR




><




QU'ON SE                                                                      COUCHE

mercredi 26 septembre 2012

FRAGMENTS D'UN MANIFESTE CANIN (2)

Je n'étais pas triste à l'origine, je le suis devenu, par inadvertance, par contagion. Par vocation peut-être. Un jour, le sourire, ce marqueur élémentaire de la légèreté, m'a déserté sans que j'en aie ni la conscience ni la perception. Quand était-ce ? Je ne saurais le dire avec exactitude, ni même approximativement. À vrai dire, ce sont les autres qui ont le pouvoir de vous révéler ce genre de phénomène. Votre voisin, votre cousin, votre facteur. Votre patron, votre médecin, votre coiffeur. Chien Non Souriant. No Smiling Dog. C'est mon signe particulier, celui qui est inscrit sur mon TRACK, Test Rorschach d’Appar- tenance Canine K. La tristesse est mon empreinte cérébrale. Elle me définit aussi sûrement que le kaléidoscope de mon iris ou le colimaçon de mon ADN. Je suis triste comme d'autres sont hyperactifs ou hémophiles. Bien que cela ressemble à un combat sans enjeu, je lutte pour le rester, pour que la tristesse l'emporte toujours sur l'acrimonie. S'il vous plaît, ne souriez pas, c'est un scrupule moins anodin qu'il n'y paraît.

mardi 25 septembre 2012

FRAGMENTS D'UN MANIFESTE CANIN (1)

Loin en arrière, j'étais un chien timide. Puis, au fur et à mesure que j'ai découvert la brutalité du monde, j'ai viré chien battu. D'où cette tête inénarrable qui est devenue la mienne et que je ne souhaite à personne, pas même aux chiens qui desservent notre cause par leur comportement irresponsable. Mon père et ma mère étaient racés, mais sans pedigree. Quant à ma crainte des humains, elle vient sans doute d'un guide allemand chez qui mes parents avaient élu domicile dans les années 1946 à 1949. Il s'appelait Bodo. Un bel éphèbe, idéalement proportionné et maitrisant parfaitement ce langage articulé que certains d'entre nous se sont appropriés depuis, mais totalement atypique. Avant cet épisode, il vivait seul, alors que le grégarisme était la règle parmi ses congénères. En butte à la morale de son temps, il avait ensuite choisi de partager son quotidien avec une famille canine. Jamais il ne se piquait de montrer de quoi il était capable et son humilité n'avait d'égale que sa bienveillance. Mais ce comportement m'inquiétait, ne cachait-il pas un rêve de domination ? Cet œil brillant, ce sourcil mobile, ces muscles tendus même au repos, assujettis à toute éventualité, ce potentiel intel- lectuel très supérieur au nôtre, me faisaient craindre pour mon statut de chien du monde. Et surtout, les personnes de son entourage ne partageaient pas cette empathie à notre égard. Un jour les hommes ne voudraient-ils pas exercer un monopole absolu sur la vie en société. N'allaient-ils pas tôt ou tard déclarer les chiens indésirables, illégaux, nuisibles ?




































  she kept her eyes wide shut

lundi 24 septembre 2012

ÉMOI EN CÔTE D'OR

La brigade des stupéfiants de la Direction Régionale de Bourgogne a réalisé une grosse prise ce week-end. Samedi matin, agissant sur dénonciation, deux brigadiers faisaient irruption chez M.Chientriste, au lieu dit "La Jument de Courtivron", dans une ferme en bordure de la RD 996 entre Vernot et Moloy, et interpellaient le susnommé en flagrant délit. Il s'agit d'un marginal proche de l'UDI de Jean-Louis Borloo et défavorablement connu de la brigade de gendarmerie d'Is-sur-Tille. Ce dernier a été immédiatement mis hors d'état de nuire. On a trouvé sur lui deux comprimés de Stablon 12,5mg (Tianeptine), plus quatre autres dans sa salle de bains. Le chien Hanibien a conduit les enquêteurs jusqu'à une cache contenant trois boîtes de 30 comprimés, dont une entamée, ainsi que diverses substances prohibées. L'individu a reconnu les faits et a été placé en cellule de dégrisement. Devant l'importance de cette prise, le dossier a été confié au BINHJ de Dijon ( Bureau Investigation Nasty Habits Jeunes )

- de notre envoyé spécial à Is-sur-Tille, Aymeric Toyota
 
le flair du fidèle Hanibien a été fatal à la mallette

dimanche 23 septembre 2012

MY BOURGEOISIE ACHES (3)

L'histoire d'Ernesto Guevara n'est que la mise en pratique de cet idéal. Nommé successivement par Fidel Castro directeur de la Banque Nationale de Cuba, ministre de la réforme agraire et ministre de l'industrie, il a passé plus de temps à balayer les chiottes du pouvoir qu'à mettre à profit son statut de bras droit de Fidel. Après avoir dénoncé publiquement l'inféodation des pays pauvres à la puissance américaine et soviétique, ce qui lui valut sa mise à l'écart par Castro début 65, il a incarné et défendu la cause de la révolution populaire et tiers-mondiste. Si Alain Souchon ne connait pas cet aspect de la vie du Che, il pourra lire "Passages de la guerre révolutionnaire : le Congo" de 1965 ou "Journal de Bolivie" de 1967. Libre à lui de ne voir que le revers de la médaille, de ne retenir que la violence du personnage, son rôle dans l'exécution des opposants lors des purges post-révolutionnaires. Les autres - et ils sont nombreux à travers le monde - se souviendront de la violence tout aussi grande qu'il s'est infligée à lui-même, au point d'abandonner le pouvoir pour se fourvoyer dans des galères inconcevables. Qui peut aujourd'hui imaginer qu'un homme d'état, reconnu comme tel par les politiques et les intellectuels du monde entier, puisse aller s'enferrer volontairement dans des combats empreints de mysticisme, en pleine brousse africaine ou dans la montagne bolivienne ? Aucun autre homme politique contemporain n'a mis ses actes en conformité avec ses idées de façon aussi radicale. Pourquoi Popopo est un honteux ratage ? Parce que ça sonne le creux, ça sent l'artifice. Abd Al Malik lui, a mis dans le mille en une seule phrase dans sa chanson intitulée La gravité : avoir mal à la bourgeoisie, comme Che Guevara... Tout le monde sait que l'homme au béret étoilé était asthmatique au dernier degré, mais ça n'éclaire pas son parcours. Le fait qu'il avait mal à cet endroit-là, si. Et ça, ce n'est pas sur internet que vous le trouverez.

samedi 22 septembre 2012

MY BOURGEOISIE ACHES (2)

Quant à Écoutez d'où ma peine vient, c'est pas difficile, elle vient de la dernière chanson. Les autres sont dans la veine habituelle de la Souche. Rêveurs et Les saisons sont plaisantes. Écoutez... est une pépite. Finesse, musicalité, humilité, elle a tout pour elle. Elle danse rappelle C'est déjà ça, qui était au top. 8 m² est bien faite. La compagnie et Bonjour tristesse ne sont pas dans le chant du présent, un peu hors sujet pourrait-on dire. Mais le sujet on s'en fout, ce qui compte c'est le verbe, celui que conjugue Abd Al Malik. À mon sens, Parachute doré est le meilleur morceau. Le propos est limpide, la cible clairement identifiée et pour le coup, on participerait volontiers à la curée médiatique en collant un bon coup de pied dans le ventre à ces enfoirés de grands patrons, même à terre ! Hélas, pour clore l'opus souchi, il y a Popopo. Autant désigner à la vindicte populaire les gros vers blancs du CAC 40 amusera tout le monde, excepté une poignée d'oligarques, autant passer le Che à la moulinette du presse-icône est une idée qui méritait réflexion. Le résultat est une chanson déplacée. Pis que ça, affligeante, sauf la musique, qui est de Lolo Voulzy. Mais le texte ! Déjà, ça commence mal : allons faire un tour sur internet voir si ce guérillero était vraiment le mec net... le ton n'est pas juste, il y a de l'arbitraire dans l'air. Le pire des partis pris règne en maître sur cet exercice de style, écrit pour épater la galerie. Après, on tombe carrément dans l'imagerie d'Épinal, made in Habana : le pistolet sur la tête du fonctionnaire bête, du paysan analphabète, ce héros romantique aimait le petit déclic et l'efficacité des armes automatiques... réduire Che Guevara à un tortionnaire cynique, laisser entendre qu'il se serait comporté comme un dignitaire nazi pendant l'occupation est mensonger et diffamatoire. Pas besoin d'internet pour être convaincu du contraire. Que la terreur et l'épuration aient entaché la révolution française et l'avènement des bolcheviks en Russie n'est pas douteux, mais cela n'autorise pas le parallèle avec la révolution cubaine qui fut artisanale, faite avec des bouts de ficelle. Une aventure menée à bien par des théoriciens de l'action politique, des amateurs avec idéal. Ou alors ce n'était qu'un rêve.

vendredi 21 septembre 2012

MY BOURGEOISIE ACHES (1)

Nowadays, the young man... he got... NOTHING !! Pourquoi l'intro de Young man blues, déclamée par Roger Daltrey un peu comme celle de The soft parade par Jim Morrison, me traverse-t-elle soudain l'esprit ? Impossible à dire. Un bruit, une odeur, une résurgence limbique, une image subliminale. Ou alors une apostrophe, une prière, une imprécation, me catapultant au milieu du refrain de Shakin' all over, en plein Live at Leeds. Fantastique interprétation des chansons de Mose Allison et de Johnny Kid, qui relègue au troisième plan - voire au quatrième - le fait de savoir si ce disque fut oui ou non enregistré en public. Peu importe le salon, pourvu qu'on ait la fresque. Sur ce point, aucun doute, Live at Leeds est le Lascaux du R&R, la grotte Cosquer de la fière Albion ! Mais au lieu d'enfoncer les grottes ouvertes, parlons du présent. Qu'est-ce que le présent, sinon le futur d'hier. Effet collatéral de la crise de 2008 ou ascétisme librement consenti, toujours est-il que j'écoute un peu moins de disques - en quantité - mais plus assidûment. Pour un voyage de 500 kilomètres, deux ou trois CD me suffisent. L'autre jour par exemple, Gibraltar d'Abd Al Malik, les Rita Mitsouko Variety et Écoutez d'où ma peine vient d'Alain Souchon. Que du français pour une fois. Gibraltar est un bon disque. Quinze titres homogènes, avec des hauts et des - faux - plats, mais pas de bas. Soldat de plomb est un haut : tout maigre dans ma grosse veste qui me servait d'armure... j'avais du shit dans mes chaussettes et je faisais dans mon... pan-ta-lon. Un autre haut est Mourir à 30 ans ou M'effacer. Il y a aussi Je regarderai pour toi les étoiles et son petit Mohamed qui est le pendant de la "p'tite beauté" de Jacques Higelin (24.9.90) et Gibraltar avec ses poussées de fièvre et son rythme implacable. La musique est là, et pas qu'un peu, pas en vedette américaine. Le jazz des virées et la java des cités. Claude Nougaro aurait goûté, mais c'est trop tard, il sirote son pastis par les orbites.