j'aime
pas les topines en bourre et les rododindrons, j'aime pas
l'ortografe et la sainte taxe, ni les infinitifs, surtout
au subjonctionnel, les allez louyah, les curés et les saints pausiomes,
les rabins, les himames, les papes et les pop, sauf iggy, mais le
peer import c'est johny halliday et cristian jacob, deux pite-bulles baveux shootés à
l'adjuvant de la baie de souris, voilà, par contre un petit merçi à la wii, je suis par temps hilico presse tôt.
vendredi 18 décembre 2015
jeudi 17 décembre 2015
mercredi 16 décembre 2015
lundi 14 décembre 2015
AUTOUR DE LA MAISON (6)
La route qui menait aux sapins sillonnait
la vallée, reliant deux villages dont l'évolution, ces dernières années,
prenait un sens inverse. Celui du bas, où la vallée s'élargissait, changeait de peau. Il s'agrandissait, se modernisait. Une
nouvelle école, plus grande que l'ancienne, accueillait les enfants de la
commune entière. Les écoles des hameaux avaient fermé leurs portes mais
celle-là rutilait, avec son toit brillant et ses murs de bois rouge. Sortie de
terre un peu plus loin, la nouvelle salle des fêtes rivalisait de courbes,
d'élans, d'audace, de matériaux nouveaux. Alors que dans mon
enfance il paraissait presque sans vie, le village du bas, comparé à celui du
haut, redressait la tête. C'était lui, à présent, qui drainait toutes les
énergies. À l'inverse, encastré, serré à la gorge
par les pentes abruptes, le village du haut
se ratatinait. Il se repliait sur
ses maisons vides, ses volets clos, ses murs ridés. Et en le traversant, je
songeai aux années où il exhibait sa vitalité, ses usines, son marché, ses
cafés, sa fanfare, son gymnase. Aujourd'hui les usines s'étaient carapatées en laissant là leurs
carapaces, le marché se réduisait à l'étal du boulanger, les cafés avaient disparu, la fanfare
n'existait plus et le gymnase avait fait place à un garage qui végétait. Les villages naissent, grandissent et meurent. Mais ils ont plusieurs vies. Comme ces arbres au tronc mort d'où
jaillissent des rejets. Que devien- draient ces lieux dans un siècle ou deux ? Tout au bout du village, la route,
étroite, conti- nuait. Strictement inchangée. Ni élargie ni rectifiée. Juste un peu ravaudée, par endroits, comme
jadis, comme toujours. Elle s'enfonçait dans les replis de la montagne,
larguant une à une les habitations, comme une montgolfière qui se déleste de
sacs de sable pour attraper de l'altitude, elle longeait des prairies obliques,
de plus en plus étroites, côtoyait des Feuillus et quelques Conifères - deux tribus
qui vivaient en complète harmonie - pour parvenir à une rivière qu'elle
traversait d'abord puis frôlait sur des kilomètres, avec des façons de fauve en
chaleur. Et c'est là que tout commençait. Les sapins sombres tout autour se
resserraient de plus en plus sur ce cordon d'asphalte.
( à suivre )
vendredi 11 décembre 2015
jeudi 10 décembre 2015
mardi 8 décembre 2015
lundi 7 décembre 2015
AUTOUR DE LA MAISON (5)
Elle qui nettoyait tout. Le choc que j'attendais ne venait pas du sol, des traces de sang séché, mais de tout ce laisser-aller qui me jetait à la figure son incapacité. Elle n'arrivait plus à vivre sa vie. Elle ne pouvait plus. Elle ne voyait plus. Elle laissait la poussière, jour après jour, gagner sur elle. Je nettoyai toute la cuisine, les meubles, les vitres, je lavai la vaisselle, récurai le plancher, passai l'éponge partout, eau de javel, désinfectant, je voulais supprimer les traces de sa défaite, je voulais vaincre la poussière, oui je voulais venger ma mère. Et quand j'eus terminé, je pris conscience du ridicule, de la vanité de ma réaction. J'ouvris alors toutes les fenêtres, de toutes les pièces, pour faire entrer l'air frais, les rayons du soleil, pour noyer mon chagrin dans l'ivresse du printemps. Je montai au grenier, retrouvant dans les escaliers ce dessin au pastel, esquissé par mon frère, un boulet au bout d'une chaîne attachée au pied d'un homme, avec cette inscription : Nul ne sera tenu (on lisait mal la suite) en servitude. J'aspirai l'air à plein poumons. Le grenier débordait de senteurs oubliées. J'y demeurai de longues minutes, retrouvant dans les coins des passés incertains. Je mesurais l'incomplétude de ma mémoire. Elle ne me gênait pas. Je laissais filer les étoiles filantes de mes souvenirs. Je larguais des amarres. Une sensation de liberté, de liberté chérie, m'envahit tout à coup. C'était tellement inattendu que je poussai un cri. Et ma voix sonnait clair. Et contre toute attente je me sentis heureuse. Le reste fut sans histoires. Je remplis mes devoirs. La maison aérée, nettoyée, respirait. Je pouvais enfin me mettre en chemin. Aller me présenter, là haut dans la montagne, aux voix nues des sapins. Et ma mère ne m'en voudrait pas.
( à suivre )
vendredi 4 décembre 2015
LES BONS PLANS (27)
Aviez-vous remarqué que les roues arrière de votre voiture ne parcourent pas la même distance que les roues avant ? Après plus de quarante-deux ans de conduite, je n'en avais pas vraiment pris conscience. Il a fallu pour cela qu'un policier municipal ou quelque autre agent territorial, intrigué par l'immobilité de mon véhicule stationné depuis quinze jours sur le parking de la maison de retraite, trace sur chaque pneu un petit témoin à la peinture blanche au niveau du sol. Deux jours après avoir déplacé ma fidèle rossinante, j'eus la surprise de constater, alors que les traits sur les roues avant étaient en haut, que ceux sur les roues arrière étaient décalés d'un quart de tour. Il y a donc un différentiel avant arrière, sans doute les roues arrière étant à la traîne, à la remorque en quelque sorte, parcourent-elles plus de mètres. En cas de marche arrière, ce serait l'inverse, mais peu fréquent. Reste à déceler un écart éventuel entre les roues droites et les roues gauches. J'ai observé un tout petit delta entre les témoins des deux roues avant, peut-être dû au fait que j'aurais plus souvent tourné à gauche qu'à droite, ou bien l'inverse, les jours derniers. Nul doute qu'après une plus longue période, significative, les virages à droite et à gauche s'équilibrant, la distance réelle parcourue par chaque roue sera rigoureusement la même.
Aviez-vous remarqué que les roues arrière de votre voiture ne parcourent pas la même distance que les roues avant ? Après plus de quarante-deux ans de conduite, je n'en avais pas vraiment pris conscience. Il a fallu pour cela qu'un policier municipal ou quelque autre agent territorial, intrigué par l'immobilité de mon véhicule stationné depuis quinze jours sur le parking de la maison de retraite, trace sur chaque pneu un petit témoin à la peinture blanche au niveau du sol. Deux jours après avoir déplacé ma fidèle rossinante, j'eus la surprise de constater, alors que les traits sur les roues avant étaient en haut, que ceux sur les roues arrière étaient décalés d'un quart de tour. Il y a donc un différentiel avant arrière, sans doute les roues arrière étant à la traîne, à la remorque en quelque sorte, parcourent-elles plus de mètres. En cas de marche arrière, ce serait l'inverse, mais peu fréquent. Reste à déceler un écart éventuel entre les roues droites et les roues gauches. J'ai observé un tout petit delta entre les témoins des deux roues avant, peut-être dû au fait que j'aurais plus souvent tourné à gauche qu'à droite, ou bien l'inverse, les jours derniers. Nul doute qu'après une plus longue période, significative, les virages à droite et à gauche s'équilibrant, la distance réelle parcourue par chaque roue sera rigoureusement la même.
jeudi 3 décembre 2015
mardi 1 décembre 2015
1.4.1965
Chers parents,
Une fois de plus je sens sous mes talons les côtes de Rossinante ; je reprends la route le bouclier au bras. Il y a de cela presque dix ans, je vous avais écrit une autre lettre d'adieu. Si je me souviens bien, je me plaignais de ne pas être meilleur soldat et meilleur médecin ; médecin, ça ne m'intéresse plus ; comme soldat, je ne suis pas si mauvais. Rien n'a changé fondamentalement, sinon que je suis beaucoup plus conscient, que mon marxisme s'est approfondi et décanté. Je crois en la lutte armée comme unique solution pour les peuples qui luttent pour se libérer, et je suis cohérent avec mes croyances. Beaucoup me traiteront d'aventurier et j'en suis un ; mais d'un type différent : de ceux qui risquent leur peau pour défendre leurs vérités. Il se peut que cette fois soit la dernière. Je ne le cherche pas, mais c'est dans le calcul logique des probabilités. Si c'est le cas, je vous embrasse pour la dernière fois. Je vous ai beaucoup aimés, seulement je n'ai pas su exprimer ma tendresse ; je suis extrêmement rigide dans mes actes et je crois que parfois vous ne m'avez pas compris. Ce n'était pas facile de me comprendre ; mais, aujourd'hui, je vous demande seulement de me croire. Maintenant, une volonté que j'ai polie avec une délectation d'artiste soutiendra des jambes molles et des poumons fatigués. Je le ferai. Souvenez-vous de temps en temps de ce petit condottiere du XXème siècle. Un baiser à Celia, à Roberto, Juan Martin et Pototin, à Beatriz, à tous.
Je vous embrasse, votre fils prodigue et récalcitrant,
Ernesto
Chers parents,
Une fois de plus je sens sous mes talons les côtes de Rossinante ; je reprends la route le bouclier au bras. Il y a de cela presque dix ans, je vous avais écrit une autre lettre d'adieu. Si je me souviens bien, je me plaignais de ne pas être meilleur soldat et meilleur médecin ; médecin, ça ne m'intéresse plus ; comme soldat, je ne suis pas si mauvais. Rien n'a changé fondamentalement, sinon que je suis beaucoup plus conscient, que mon marxisme s'est approfondi et décanté. Je crois en la lutte armée comme unique solution pour les peuples qui luttent pour se libérer, et je suis cohérent avec mes croyances. Beaucoup me traiteront d'aventurier et j'en suis un ; mais d'un type différent : de ceux qui risquent leur peau pour défendre leurs vérités. Il se peut que cette fois soit la dernière. Je ne le cherche pas, mais c'est dans le calcul logique des probabilités. Si c'est le cas, je vous embrasse pour la dernière fois. Je vous ai beaucoup aimés, seulement je n'ai pas su exprimer ma tendresse ; je suis extrêmement rigide dans mes actes et je crois que parfois vous ne m'avez pas compris. Ce n'était pas facile de me comprendre ; mais, aujourd'hui, je vous demande seulement de me croire. Maintenant, une volonté que j'ai polie avec une délectation d'artiste soutiendra des jambes molles et des poumons fatigués. Je le ferai. Souvenez-vous de temps en temps de ce petit condottiere du XXème siècle. Un baiser à Celia, à Roberto, Juan Martin et Pototin, à Beatriz, à tous.
Je vous embrasse, votre fils prodigue et récalcitrant,
Ernesto
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