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samedi 4 septembre 2021

LES BONS PLANS (36)
 
- laver sa poubelle
- balayer devant sa porte
- se souvenir de Mémorables
       René Daumal 1942
- ne pas décolérer
- décorréler

dimanche 28 octobre 2018

LES BONS PLANS (35)

Si faire amende honorable n'est pas forcément un bon plan, c'est une démarche salutaire, à condition de ne pas la reproduire trop souvent. Mais une fois de temps en temps, ça fait du bien. C'est pourquoi aujourd'hui, 28 octobre 2018, je demande pardon à Queen. Là je vous parle du groupe de Freddie Mercury, pas de la reine Elizabeth. À la fin des années 70, je l'ai royalement ignoré, moqué, pris de haut, etc. À Toulouse en 1981, je connaissais un grand fan du groupe, mélomane et musicien. Il me vantait les mérites de leurs disques et au lieu de prêter une oreille attentive à ses arguments et à la musique dont il me disait tant de bien, je l'ai snobé stupidement. Il avait raison, j'avais tort. Je présente aussi mes excuses à Patrick Modiano. Le voyant s'exprimer de façon si désordonnée, si imparfaite quand Bernard Pivot lui donnait la parole, j'ai souri bêtement et comme un idiot, j'en ai déduit que son écriture devait être du même tonneau. Pardon Patrick. Il y a quelques jours, passant en revue mes rayons poussiéreux, j'ai sorti du rang Voyage de noces, un roman de 1990 qui devait appartenir à ma mère. Un très beau livre, une langue magnifique. Une dernière chose qui n'est pas un regret, mais une révélation, You can't always get what you want a vu le jour en décembre 1968 lors du Rock&roll Circus et non pas en juin 69 en face B de Honky tonk women. Voilà, c'était juste une remarque ou une nouvelle pour rien.

lundi 8 août 2016

LES BONS PLANS (34)

Je cherche un bon plan qui me permettrait de reconstituer un événement du passé à partir d'images mentales déstructurées, de miettes de souvenirs picorées par les oiseaux de l'instant pressant. Par exemple, cette pièce de théâtre vue à la télévision vers 1968, dont le thème était la vie à l'envers si je peux la résumer ainsi. Les personnages apparaissaient sur scène sous l'apparence de vieillards, puis rajeunissaient au fil des différents tableaux, avant de disparaitre à la fin dans des cris de nouveau-né. Bien que ce soit sûrement une œuvre connue, je n'ai pas pu remettre un nom dessus. Il y a aussi cette chanson de Bashung, entendue à la radio, non identifiée. Un morceau assez long, un objet musical situé quelque part entre Pink Floyd et Matmatah, chanté sans affectation, loin de la veine ironique qui est sa marque de fabrique. Enfin il y a cette scène qui ressemble à un rêve mais qui n'en est pas un. Mon père m'avait emmené en voiture avec lui et s'était arrêté devant une petite maison dans la campagne. Nous n'étions pas entrés. Pas moi en tout cas. Avant de repartir, une femme m'avait donné une orange. Elle me semblait énorme - l'orange, pas la femme - et j'en ai encore le goût dans la bouche, car je l'avais mangée de suite. Parfumée, juteuse, ferme. Le fruit défendu ? L'hypnose. C'est peut-être le bon plan.

lundi 9 mai 2016

LES BONS PLANS (33)

Pour me souvenir des choses et des gens et de tout ce qui n'est ni chose ni gent, j'ai mis au point une méthode qui jusqu'à présent me satisfaisait. Je garde en mémoire un petit groupe de noms ayant un lien entre eux, par exemple Alex Vizorek, Chris Esquerre et Pierre-Emmanuel Barré et je me les récite le soir avant de m'endormir. Pas tous les soirs bien sûr et pas toujours les mêmes. Pour que mon truc soit efficace, il faut que ce soient des noms un peu difficiles à retenir. Pas Pompidou Giscard Mitterand. Je dois aussi pouvoir en changer, afin de tester la fiabilité de ce procédé. Ainsi, en vous en parlant, j'en crée un autre pour voir : Willie Alexander, Doug Yule et Edie Sedgwick (vous allez trouver rapidement le point commun, c'est facile !) ou bien Ronny Turiaf, Mamoutou Diarra et Joseph Gomis. J'en étais content (de la méthode, car en ce qui concerne Turiaf, Diarra et Gomis, je les ai vus s’entraîner à Vichy avant l'Euro en 2009 et j'en étais plus que content, heureux !). Tout ça pour vous dire... ah ça recommence... je trace je trace et puis je perds la trace. C'est le talon d’Achille de ma méthode : à trop me concentrer sur le comment, je perds le pourquoi. Pourquoi ai-je choisi de vous parler de mémoire aujourd'hui, après deux semaines de silence ? Sûrement pour vous dire que je ne vous oublie pas... à demain ! DG

mercredi 6 avril 2016

LES BONS PLANS (32)

Mon voisin m'a prêté le PETIT TRAITÉ D’INTOLÉRANCE de CHARB publié par Librio en février 2015. Un bandeau noir "dans la masse" orne le bas de couverture : CHARB « Je ris de ce que je veux, quand je veux »  3 €. Personne ne lui conteste ce droit. Le droit à l'humour, fût-il vache, est un droit inaliénable dont chacun peut user, mésuser, abuser, etc. Le lecteur est bien averti des deux éléments constitutifs de ce petit livre, l'intolérance et l'humour. Intolérant oui, il l'est. Le problème est qu'il n'est pas drôle. Il y a donc tromperie sur la marchandise, pour moitié. Et cela ne m'a pas gâché que la moitié de la lecture mais la totalité. Tolérance, intolérance sont des mots difficiles à utiliser. Je leur préfère les mots acceptation ou non acceptation. Tolérer ne me plaît pas, j'y retrouve un aspect nauséeux, l'amorce d'un dégoût. Accepter est plus franc du collier. Je suis venu, je t'ai vu et j'ai accepté le tout et la partie. J'accepte que tu ne penses pas et que tu n'agisses pas comme je le ferais, sans acrimonie. En retour, je voudrais que tu acceptes sans amour- propre dénaturé que je puisse faire des choix que tu désapprouves, voire que je me com- porte de façon "inappropriée" comme dirait DSK. Et surtout, pas de comptabilité de bas étage, pas de bons points ni de cartons rouges. Oui j'appelle ça un Bon Plan et je signe.

vendredi 18 mars 2016

LES BONS PLANS (31)

Qu'on soit une femme blanche catholique citadine, un homme métis et athée du monde rural ou un chien agnostique bâtard à poil ras, on devrait pouvoir s'entendre, se voir (en peinture ou en vrai) et vivre ensemble ou pas loin les uns des autres (pas de promiscuité excessive, au risque que la terre ressemble à une prison). Pas si simple quand le monde devient si compliqué, si imprévisible, si indéchiffrable, tel un labyrinthe dont on s'aperçoit que la sortie est plus difficile à trouver que ce qu'on croyait quand on a commencé à jouer, enfant. Des guerres plus tout à fait mondiales, des luttes ethniques et sociales, des combats politiques qui ressemblent à des pugilats, à des bagarres de cour d'école, des engagements humanistes progressistes et humanitaires précaires, des pratiques reli- gieuses venues d'on ne sait où, basées sur on ne sait quoi... quel inventaire à la Prévert que la vie sur terre, 2015 années après qu'une fille mère, vierge en plus, ait accouché sur un coin d'étable dans un conte pour enfants ! Mais si l'idée que mon frère, mon cousin, mon voisin, mon proch'hein, ne dit pas, ne fait pas comme moi, ne se réjouit pas, ne s'attriste pas des mêmes choses, n'a ni les mêmes goûts ni les mêmes envies et que ça ne nous rend pas totalement étranger l'un à l'autre, alors allons-y, même si pas gaiement !

lundi 15 février 2016

LES BONS PLANS (30)

J'amuse parfois mes visiteurs en leur disant que j'ai un tableau signé Vincent. Certains savent le petit culte (sans célébration) que je voue à l'homme à l'oreille coupée, et pendant une demi-seconde, la surprise mâtinée d'incrédulité se lit sur leur visage, avant qu'ils com- prennent que je les mène en bateau avec mon Vincenzo, "Raku" II, acrylique sur contre- plaqué 146 x 63, peint en 1994. Plus récemment, j'ai inclus dans un petit ouvrage à mon nom trois textes de Guy, avec son accord bien sûr. Même en prenant soin de le signaler, personne n'a pu discerner le yug du dog. Ce goût de l'emprunt me viendrait-il de mon père ? Parmi sa production, je dénombre une dizaine de toiles magnifiques, dont deux ou trois sont encore plus que ça. Malgré tout, il a éprouvé le besoin, l'envie ou bien est-ce tout simplement par goût du jeu, de signer non pas des croûtes, mais des œuvres mineures d'artistes sans génie. Ainsi ce petit bateau sur la grève, dont il avait recouvert la signature originale et qu'il s’apprêtait à signer de son nom avant que ma mère ne l'en dissuade. Mais à d'autres occasions, il le fit. Ainsi ces vues de Paris vendues au mètre sur les quais de Seine, cette maison au bord du lac, ce champ de lavande sous le soleil. Des sabots crottés, pâles sentinelles du château de mon père, de sa palette dorée. Hi Daddy*

* 101 ans ce jour, des bisous !

mercredi 10 février 2016

LES BONS PLANS (29)

Un bon plan confirmé est de cultiver les bons côtés de ses parents et de lutter contre les mauvais, si tant est que l'on puisse aisément séparer les uns des autres. Ainsi faisant, théoriquement, on améliore la lignée et ce n'est pas un aspect négligeable si on veut faire des enfants. Mais me direz-vous, si on parle des enfants, encore faut-il que cet amen- dement de soi soit fait jeune, avant d'avoir lesdits enfants, afin que ceux-ci profitent à plein du bénéfice de ce travail, par l'acquis et par l'inné. Pas si simple. Pour moi qui ai eu mes enfants tard, c'était jouable et j'aurais pu m'amender avant de les avoir. Mais je ne l'ai pas fait et ce n'est que plus tard que j'ai pris conscience de ce pouvoir de l'âme (Hendrix), de cette force de l'esprit (Mitterand). Pour en revenir à nous, loups, moutons, agneaux, etc. mon père était narcissique, mais pas vantard. Égocentrique et humble. À force de persé- vérance, je pense avoir un peu atténué l’égoïsme que je reçus en partage, ce qui n'était pas si difficile car cet atavisme paternel était massif, lourd, attaquable. D'un autre côté, ai-je tendu vers plus d'humilité ? Ce n'est pas sûr. Il faut dire que c'était véritablement sa qualité principale. Je ne me souviens pas de l'avoir entendu se vanter de quoi que ce soit, en tout cas jamais devant moi. Mais connait-on son père ? Non non non... (Deep Purple)

jeudi 21 janvier 2016

LES (MAUVAIS) BONS PLANS (28)

Peut-être l'avez vous remarqué si vous êtes un visiteur régulier, une très légère modifi- cation de la largeur des deux colonnes du journal et de la taille de certaines polices s'est produite, à mon corps défendant. Dans la nuit du 11 janvier, j'ai dû faire une fausse manipulation qui a décalé la maquette. Pas très grave me direz-vous, et vous avez raison. Dans ce paysage de désolation où le monde court à sa ruine sans que l'on voie comment le ralentir dans sa trajectoire mortifère, ma remarque est déplacée, inappropriée comme dirait DSK, en tous cas d'une rare pusillanimité. Vous me connaissez, je m'attache à des détails, voire à certains aspects secondaires de détails peu significatifs. C'est un trait de caractère ingrat, quoique assez inoffensif, mais très difficile à gommer. Faut faire avec plutôt que de se prendre la tête à faire sans. Tout ça pour dire que je m'attache à rétablir Le Fermoir dans sa maquette d'origine, mais à ce jour je n'y suis pas parvenu. Le principal souci est mon BT15 qui apparaît désormais sur certains écrans comme un BT 16.2 ou autre cote mal taillée. Je me mets à la place d'un nouveau lecteur tombant sur ma théorie fumeuse du Bloc Texte 15 lignes Haute Densité et qui a sous les yeux un rectangle mal justifié et équarri à la mords-moi l'interligne ! Pardon. Je fais tout pour réparer cette avarie.

vendredi 4 décembre 2015

LES BONS PLANS (27)

Aviez-vous remarqué que les roues arrière de votre voiture ne parcourent pas la même distance que les roues avant ? Après plus de quarante-deux ans de conduite, je n'en avais pas vraiment pris conscience. Il a fallu pour cela qu'un policier municipal ou quelque autre agent territorial, intrigué par l'immobilité de mon véhicule stationné depuis quinze jours sur le parking de la maison de retraite, trace sur chaque pneu un petit témoin à la peinture blanche au niveau du sol. Deux jours après avoir déplacé ma fidèle rossinante, j'eus la surprise de constater, alors que les traits sur les roues avant étaient en haut, que ceux sur les roues arrière étaient décalés d'un quart de tour. Il y a donc un différentiel avant arrière, sans doute les roues arrière étant à la traîne, à la remorque en quelque sorte, parcourent-elles plus de mètres. En cas de marche arrière, ce serait l'inverse, mais peu fréquent. Reste à déceler un écart éventuel entre les roues droites et les roues gauches. J'ai observé un tout petit delta entre les témoins des deux roues avant, peut-être dû au fait que j'aurais plus souvent tourné à gauche qu'à droite, ou bien l'inverse, les jours derniers. Nul doute qu'après une plus longue période, significative, les virages à droite et à gauche s'équilibrant, la distance réelle parcourue par chaque roue sera rigoureusement la même.

vendredi 24 avril 2015

LES BONS PLANS (26)

Ce bon plan m'est apparu vers 57 ans, qui fut pour moi l'âge de la maturité. Il tient en quatre mots = NE SOYEZ PAS PARFAITS. Je m'explique. Quand vous ne serez plus là, vos proches vous verront différemment. Le statut de défunt change beaucoup de choses dans le ressenti des vivants. Si vous avez été exemplaire sur trop de points, altruiste, dévoué, désintéressé, aimant, souriant, généreux, etc, vous ne ferez que des malheureux* Votre famille et vos amis les plus chers seront dans une peine profonde, prégnante, dont certains ne se sortiront qu'avec difficulté. Ils auront du mal à vous effacer de leurs pensées et à repartir d'un bon pied et d'un bon œil dans la vie de tous les jours. Toutes les qualités dont vous aurez fait montre de votre vivant leur feront cruellement défaut après votre mort. Bref, après avoir été un vivant bon, vous serez un mort cruel. Est-ce ce que vous voulez ? Non, bien sûr. Personne ne peut raisonnablement vouloir cela pour ses êtres chers. Je vous incite donc à vous laisser aller, avec modération, à vos penchants les moins nobles. N'hésitez pas à vous montrer vil, tortin, égoïste, peu concerné par le désir d'autrui. Faites vous plaisir, même si cela procure chagrin et désagrément autour de vous. Si toutefois vous pensez que j'ai tort, continuez à être bons, mais SVP, réfléchissez avant d'agir bien.

* sauf ceux qui ne vous aimaient pas

vendredi 26 décembre 2014

LES BONS PLANS (25)

Pour les fondus des chiffres, rien de tel qu'une reconstitution de carrière basée sur les domiciles. Faites ce petit calcul : sommez les n° de rues dans les différentes adresses qui ont été les vôtres de la naissance (ou moins 9 mois si vous souhaitez comptabiliser votre vie intra-utérine) à votre situation actuelle. Je le fais en même temps que je vous cause = 3+7+52+17+8+1+51+25+87+1+30+6 = 288. Si pas de n° dans la voie, comptez zéro, mais par contre totalisez bien un domicile de plus. Pondérez l'ensemble en divisant par le nombre de domiciles pour obtenir votre UDK - Universal Domestic Karma. Dans ce cas : 288 / 12 = 24. Un tel UDK, rond, hyperdivisible, sans décimales, vous classe résident domestique. Je suis l'archétype du résident qui niche (il n'y a pas de hasard), indécis, casanier. Un UDK décimal vous range parmi les résidents planétaires. Si décimales rondes, par exemple 32,50 ou 48,25, vous êtes un résident de port d'attache. Besoin de haltes et de mises au point avant d'aller voir plus loin voir si vous y êtes. Si décimales infinies, du type 14,772727 ou 20,833333, vous êtes à semelles de vent, le cercle des arpenteurs rimbaldiens vous aspire, vous attire, vous espère. Ou vous aspirait, vous attirait, vous espérait, car vous n'êtes pas resté sourd à son appel, n'est-ce pas ??..

lundi 22 décembre 2014

LES BONS PLANS (24)

Le moi prend trop de place. On a beau le repousser, le remettre à sa place, au fond dans un coin, ça ne dure pas. Il se rétracte comme la corne de l'escargot avant de revenir plus goguenard encore, requinqué de sa propre suffisance. Le je c'est pareil. Il est omnivore, omniscient, il ruisselle si facilement qu'avant d'avoir fini de le torcher d'un côté, il a inondé l'autre dans votre dos et ruiné tous vos efforts. Alors comment les combattre ? Comme souvent, le meilleur angle d'attaque est celui de la logique, du rationnel, de l'arithmétique. À quoi équivaut le je, à quoi se réduit le moi ? À l’évidence, pas à lui-même puisqu'il n'est la cause de rien, juste un effet secondaire. Le moi ne génère pas le je, ni n'est généré par lui. Je n'est pour rien dans l'essence du moi, il n'en est ni le verbe ni le sujet. Je n'est qu'un hiatus, un artifice, une décoration. Son unique raison d'être est le dessein de ses parents, qui eux-mêmes ne sont rien que le dessein des leurs. Et encore, pas toujours. Si l'on accepte ce postulat, on poursuit le compte à rebours à l'infini jusqu'au premier être vivant. Puis jusqu'à une hypothétique autorité nommée dieu. En fait, je est dieu, ni plus ni moins, ni profane ni sacré. Ordinaire. Discutable. Donc un individu qui ne croit pas en dieu n'a aucune raison d'être. Ceci était un bon (?) plan pour se prendre pour ce qu'on est, rien.

P.S. pour les adhérents aux religions, mon plan ne fonctionne pas. Qu'ils aillent chercher du réconfort auprès de leur délégué syndical. 

lundi 1 décembre 2014

LES BONS PLANS (23)

le seul moment où j'arrive à mes fins est quand je ne fais rien... j'excelle dans le loop de nothing, le nada surf, le nichts au balcon, peau de balle au tison... malheureusement, depuis que le réel s'est acoquiné avec les réseaux sociaux, il m'est devenu très difficile d'échapper à l’œil de big bosseur... m'inspirant d'al capone à alcatraz, j'avais pourtant patiemment et dans la plus grande discrétion fabriqué un pantin que je mettais devant le plan de travail à ma place, pour tromper la vigilance du maton... ancien perfectionniste repenti, j'avais poussé le zèle jusqu'à bricoler un bruiteur artisanal pour imiter le son du réparateur de brouette qui couine, du régleur de pied bancal ou du preneur de rendez-vous avec agenda overbooké... paradoxalement, ces dispositifs destinés à glander m'ont pris des semaines de conception, des mois de mise au point, des années de réalisation... hélas, malgré le peu de temps imparti à ma vidéo surveillance, il n'a pas fallu plus de quelques jours à big bosseur pour déjouer mes subterfuges d'enfant de cœur, mais pas de raison... rapport transmis à groundcontrol, j'ai été mis à l'isolement, condamné à un travail d'intérêt général... passer le parquet des vanités à la paille de fer, sans que ça brille... j'en fais 5 cm par jour... et je peux me laisser aller à cracher dessus, ça va dans le bon sens !

lundi 13 octobre 2014

LES BONS PLANS (22)

Ce plan est un essai sur la demi-connerie. Commençons par balayer les principaux cas de figure : 1) tous des cons sauf moi 2) c'est con ce qui m'arrive, je suis un con parmi les cons, alors les autres, les non cons, en profitent - comment leur donner tort ? 3) on est tous des cons mais pas tous égaux devant la connerie : petits cons de la dernière averse, vieux cons des neiges d'antan, etc. et puis ça change sans arrêt, un matin tu te réveilles con à 25 %, le soir tu te couches con à 90 % 4) je suis un demi-con, comme lui, comme eux ; nul n'est complètement con, car on a tous trempé qui un doigt de pied, qui les deux jambes dans les eaux du Styxcon. Comment sortir de ce marigot ? Les propositions n°1 et 2 sont trop manichéennes, la connerie ne peut pas se résumer à des positions aussi radicales, elle est plus subtile que ça. La proposition n°3 est trop compliquée, elle transforme la vie quotidienne en une comédie de dupes, une compétition malsaine qui ne laissera sur le pavé que des aigris, des tordus, des méchants. Alors il faut être raison- nable et adopter la proposition n°4 : on est tous des demi-cons. Arbitrairement, fraternel-lement, universellement. SVP, une fois n'est pas coutume, faisons dans la demi-mesure... « Alors comment elle va aujourd'hui ta demi-connerie ? »... « Couci-couça, et la tienne ? »

lundi 15 septembre 2014

LES BONS PLANS (21)

principe n°1 = se consacrer à ce qu'on sait faire / principe n°2 = se consacrer en priorité à ce qu'on sait bien faire / principe n°3 = se concentrer sur ce qu'on saura encore faire correctement demain / principe n°4 = faire la liste de ces savoir-faire et veiller à ce qu'elle ne s’appauvrisse pas, qu'elle comporte toujours le même nombre de points (tolérance = 15 %), un savoir-faire défaillant ou perdu devant être remplacé par un savoir-faire aménagé ou acquis / APPLICATION DE CES PRINCIPES, EXEMPLES DE SAVOIR-FAIRE : 1) papiers à gratter, paperasse à brasser, grigris à passer au blanc, livres à presser 2) maintenance vélos et véhicules à moteur de poids total en charge autorisé ne dépassant pas 1,5 t, classement et archivage des documents techniques associés 3) entretien de pelouses et allées gravillonnées à l'exclusion de tout massif planté, fleuri ou d'agrément 4) suivi alimentaire, éducatif et vétérinaire d'animaux domestiques (chat et chien), défense de la cause animale sauvage (grands principes seulement) 5) calepinage, métré et récolement appliqués au bâtiment, parties communes et espaces publics 6) projets de débats radio- phoniques beatles vs rolling stones, bob dylan vs lou reed, dutronc vs jack white, tuli kupferberg vs james osterberg, peter green vs stan webb 7) apologie du faire peu de chose

lundi 11 août 2014

LES BONS PLANS (20)

Au risque de me voir reprocher de plagier Franklin Delano Roosevelt pendant le New Deal, « n'avoir peur de rien, sauf de la peur elle-même », un très bon plan - le meilleur disent certains - est de n'en avoir pas. Voir venir, laisser faire, improviser, etc. Oui, bien sûr, mais se lever le matin en se disant qu'on n'a aucune idée sur ce que va être sa journée est une illusion. Car en se disant cela, précisément, on en a une, celle qu'on va se laisser guider par je ne sais quel choix, lui-même dicté par je ne sais quelle combinaison des possibles. Ce n'est pas acceptable, pas plus que l'idée idiote qu'on serait libre de faire ce qui nous ferait envie à l'instant t, puis à l'instant t+1, etc... l'énoncé même de cette supposée liberté montre qu'elle est subie, et par conséquent qu'elle est tout aussi contraignante que la plus ordinaire des contingences et dieu sait que la liste des contingences ordinaires est fournie. C'est volontairement que je ne mets pas de majuscule à dieu. Dans mon esprit, dieu prend le sens de hasard, un nom commun. Fascinant, mais commun. C'est amusant comme le nom "commun" est synonyme de fade, de peu d'intérêt, de peu de valeur et non pas d'élémentaire ou d'universel, deux sens qu'il endosse pourtant sans un faux pli... un coup de dés jamais n'abolira le hasard... un nom propre jamais ne nommera le mystère...

mardi 20 mai 2014

LES BONS PLANS (19)

C'est une lapalissade de dire que les meilleurs plans résident dans les petits plaisirs. Se réjouir d'un rétroviseur électrique qui fonctionne à droite, à gauche c'est pas vraiment ça, il y a du jeu. Se réjouir d'avoir conçu un abaque fiable pour avoir la température extérieure exacte en fonction de celle indiquée par l'ordinateur de bord du Zafira, par l'afficheur de la pharmacie Barreyre et par celui du giratoire du pont de Bellerive. Se réjouir d'un tendon d’Achille qui fait moins mal. Se réjouir des péroraisons d'Achille Talon et du talon d'Achille, ce héros que sa mère trempa dans le Styx pour le rendre invulnérable, mais en le tenant par un talon, ce qui fit que le bain ne protégea pas cette pastille de son corps d’athlète. Me réjouir d'avoir trois caractères en commun avec mon grand-père : 5, R et I, puisqu'il fut incorporé au 152ème RI et moi au 35ème, il a vu Verdun, j'ai vu Mourmelon. Me réjouir que Y'ug ait fait le facteur à Bréhat. Me réjouir d'une mauvaise nouvelle qui ne vient pas, même si je sais qu'elle est là, attendant le meilleur moment pour arriver. Enfin, sur ce dernier point, la question se pose de savoir si une mauvaise nouvelle qui ne vient pas est une bonne chose. Pas sûr. Ça me fait penser à l'épisode des bretelles dans La Nausée. Allez-y, devenez violettes et qu'on en finisse, de mémoire. Je vais rechercher ce passage.

vendredi 2 mai 2014

LES BONS PLANS (18)

Hier soir dans le quatre à la suite de Questions Pour Un Champion : les vétérans du rock. Le sujet est choisi par une sexagénaire belge, autant dire que je m'attendais à ce qu'elle brille, voire qu'elle batte le record des 4 à la suite en 16 secondes. Après le top fatidique, Sir Julian Lepers lance les questions :
1) quel ancien membre des Beatles a enregistré en 2013 un CD intitulé New ?
2) en 2010, quel musicien anglais réenregistre Roxane et ses plus grands succès avec un orchestre symphonique ?
3) quel ex-chanteur des Sex Pistols a formé le groupe PIL ?
4) en 2008, quel guitariste américain créateur de Johnny Be Good se produit encore sur scène à plus de 80 ans ?
5) quel membre des Rolling Stones...
6) quel chanteur anglais de 67 ans auteur de Space Oddity sort un CD en 2013 après dix ans d'absence ?
Et que croyez-vous qu'elle fit de ce questionnaire ? 1 à la suite, en répondant Mick Jagger à la question 5. Quelle déception ! J'ai pas bien dormi et ce matin j'ai mal à mes vétérans.

lundi 31 mars 2014

LES BONS PLANS (17)

on a chacun nos tics et nos tocs, nos addictions, nos manies inavouables ; parmi les miennes, pourquoi le taire, questions pour un champion que je ne rate que quand j'ai mieux à faire, pas souvent donc ; dans ce jeu, je suis surtout accro au quatre à la suite et j'ai l'ambition de trouver un jour les quatre réponses à la suite en 16 secondes, et ceci dès la première, ça va de soi ; il n'y a là rien de glorieux, vu que la première question est souvent très facile, mais la troisième et la quatrième le sont moins ; d'un autre coté, il n'y a pas trente-six sujets me permettant d'arriver à mes fins, mais seulement quatre que je maîtrise raisonnablement ; les beatles, che guevara, police et équarrissage des lettres et histoire du bassigny de 1940 à 1968 ; depuis quatre ans que je suis dispolibre vers 18h, je les guette afin de m'étalonner ; en vain ; le seul qui soit passé à l'antenne à ce jour est che guevara et j'ai fait quatre à la suite en 20 secondes ; bizarrement le questionnaire beatles n'a jamais été tiré ou alors il est passé un jour où je n'y étais pas, ou encore, dernière éventualité, il n'a été ni rédigé, ni proposé, ni choisi ; quant aux deux autres, police équarrissage et histoire du bassigny, les rédacteurs n'ont pas pensé à s'y pencher dessus ; sait-on jamais, le peu probable troue un jour son tunnel vers la lumière et échoit.