Bryan Ferry soleil brillant Bryan "sunshine" Ferry
mardi 17 septembre 2013
lundi 16 septembre 2013
FRAGMENTS D'UN MANIFESTE CANIN (40)
Mon père était incapable de commander, même à un chien. Albert Jacquard pareil. Mon père dans son jeune âge était très beau, mais il était miné de l'intérieur. Sa joie de vivre est morte bien avant lui, asphyxiée dans quelque obscure anfractuosité de l'âme humaine. Albert Jacquard non. Son visage portait les séquelles d'un accident survenu dans son enfance qui l'a poussé à élever sa conscience scientifique au niveau de la philosophie. Il personnifie à jamais le pouvoir de l'esprit. Certes il a dénoncé un jour l'absurdité de la phrase « quand je serai mort », mais il faut se rendre à l'évidence. Aujourd'hui, il n'est plus parmi les vivants, ou alors c'est nous, assimilés comme tels, qui ne parvenons plus à communiquer avec lui. Tel est le constat. Si je sens une proximité avec ces deux hommes, c'est qu'elle existe. Alors j'entends la colère d'Albert après l'expulsion des sans-papiers de l'église Saint-Bernard en 1996. Alors, je regarde le portrait de mon père en 1935. Mais dans le miroir se forme l'image d'un chien triste, battu par l'éternel ressac de je ne sais quel océan de turpitudes. Si j'approche le museau du miroir, la buée atteste que le chien parlant respire, mais il se tait, il se cache, rendu lâche par l'aversion que pro- voque en lui la violence du monde, apeuré par la pauvreté et la vanité du langage articulé ;
dimanche 15 septembre 2013
Q 3 : Votre drogue favorite ?
R 3 : Une strophe de Mémorables* [ René Daumal, 1942 ] suivie d'une part de strudel de la pâtisserie de la rue Lagrange à Paris 5ème, ou bien : une part de strudel de la pâtisserie de la rue Lagrange à Paris précédée d'une strophe de Mémorables [ René Daumal, 1942 ]
* voir édition du 29 juillet 2011
samedi 14 septembre 2013
vendredi 13 septembre 2013
MUSIQUE, TOUR, DÉTOUR, DIX CONCERTS [ 9 ]
Bob Marley - 4 juin 80 - Dijon, Palais des Sports. J'ai longtemps gardé le billet* comme un gris-gris. J'ai pas vu les Beatles, Jacques Brel, John Coltrane ni Fleetwood Mac, mais bon quand même, le Fumeur de Ganja, le Joueur de Foot Pieds Nus, le Rasta Universel, oui. Mais voilà, on nous a menti. Comme Festina a menti à Richard Virenque. Exit le Palais des Sports où fin avril, j'ai vu les Dogs et Gilles Tandy et fumé ma dernière cigarette, une Peter Stuyvesant bleue. Pourquoi cette tromperie ? Jah seul le sait. On s'est retrouvés dans un stade en béton. La pire acoustique qu'on puisse imaginer. La scène dans la tribune à notre gauche, le public partout ailleurs. Deux sons. Le son direct et le son réverbéré par la tribune de droite. Écouter Bob Marley dans ces conditions, c'est comme manger un tournedos Rossini accroupi sur une grille de métro ou boire un verre de Meursault Charmes dans une pissotière. Mais il faut accepter et faire contre mauvaise fortune bon reggae. Comme il faut des cons pour mettre en valeur les gens brillants, il faut des mauvais organisateurs de concerts pour apprécier les esthètes, ceux qui font ce métier par amour de la musique et pas par amour des talbins. En 1976 à Kingston, Robert Nesta Marley a échappé à un assassinat. En 1980 à Dijon, c'est sa musique qui a morflé.
* voir article du 24 juin 2012
* voir article du 24 juin 2012
jeudi 12 septembre 2013
je me gare au coin du pont, devant une station service... dans le bureau, deux types rigolent... j'interromps leur bon temps... s'il vous plaît, les ambulances Fréon-Bouffereau ?... le grand livide se reride illico... t'as besoin d'une voiture ancienne, frérot ?... ou d'un cageot à roulettes, ajoute le petit gros avec un pouce en moins... non, je reviens de Lyon et je dois rendre le véhicule avant 20h... t'as pas fini ton déménagement ?... s'esclaffe le petit poucet à neuf doigts... je me retourne, deux ados sont en train de charger des planches et des étais par le hayon de mon ambulance... arrêtez ça, les gars !... faites pas les cons, je dois la rendre en bon état... mais il est en bon état, ton corbillard, petit père, c'est toi qui a besoin d'un ravalement de face hard, ha ha ha !... allez, ça me fait pas rire, enlevez tout ça ou je téléphone à M.Bouffereau... je me remets au volant et je compose le numéro... allo M.Bouffereau... c'est Drew Gold... je suis de retour à Tarsul mais je ne trouve pas vos bureaux... oui, je suis vers le pont... moi aussi me dit une voix, quasiment à mon oreille... je tourne la tête à gauche... un homme en bleu de travail est accoudé à ma portière... il sourit de toutes ses dents... j'en lâche mon téléphone... Daniel ?... il sou- rit... oui, c'est moi... je n'ai pas changé, hein ?... c'est Daniel Pujadas, le frère de David...
mercredi 11 septembre 2013
En 1977, après dix ans de dérive sur le radeau de la méduse, Iggy est rendu sur le plancher des vaches. Passant du pavé au trottoir après avoir frôlé le caniveau, il met le pied dans la porte du showbiz. Les vigiles des studios RCA le reconnaissent enfin. Ils ont été briefés et lui servent des "bonjour Mr Pop". Mais Iggy est une star, il fait son Alain Delon. En 1979, dédaignant la vénérable compagnie au label orange détentrice du procédé Dynaflex*, il signe chez Arista. Fini luxure, came et julep tea, il rameute ses vieux com- plices James Williamson et Scott Thurston pour enregistrer un LP nommé New values. Macrobiotique et culture physique ont fait leur œuvre, ça se voit sur la photo de pochette. Coté musique, plus de zigouigouis new wave, ou alors à dose homéopathique. Non. Du rock métallo syndiqué. Guitare, basse, batterie et vocaux. Une formule qui a fait ses preuves. Tell me a story est un teaser parfait qui met sur orbite New values, ô combien électrique mais pas statique. Et si Girls est sans surprise, c'est pour introduire I'm bored, un séduisant manifeste pour l'oisif qui sommeille peut-être en vous, et sûrement en moi... I'M BORED, I'M THE CHAIRMAN OF THE BORED, I'M LIVING LIKE A DOG, I'M BORED, I BORE MYSELF TO SLEEP AT NIGHT, I BORE MYSELF IN BROAD DAYLIGHT...
*une galette si fine qu'on pouvait la faire onduler en la coinçant verticalement entre les deux paumes ; elle émettait alors un son sourd et profond, quelque chose entre la guimbarde et le dung chen, la trompe tibétaine
*une galette si fine qu'on pouvait la faire onduler en la coinçant verticalement entre les deux paumes ; elle émettait alors un son sourd et profond, quelque chose entre la guimbarde et le dung chen, la trompe tibétaine
Tell+ Me+A+Story/4w72tE?src=5
lundi 9 septembre 2013
FRAGMENTS D'UN MANIFESTE CANIN (39)
vendredi 6 septembre 2013
MUSIQUE, TOUR, DÉTOUR, DIX CONCERTS [ 8 ]
Arno à Vichy, l'idée a de quoi faire sourire. Y a de l'oxymore dans l'air. Arno à Dublin yes, à l'Oktoberfest jawohl, mais pas à Vichy. C'est pourtant ce qui est marqué sur le billet. ARNO JUS DE BOX TOUR. Mercredi 6 février 2008. L'année du film de Benchetrit*avec ce sketch inénarrable joué par Arno et Bashung. Ce soir-là, je voulais voir l'animal on est mal "à la Manset" ou underground "à la Kusturica". Et puis je ne voulais pas rater les filles du bord de mer. Elles sont venues, c'était magnifique. Merci à Adamo pour la chanson et à Valéry Larbaud pour l'acoustique. Un son limpide, pas trop fort, sans reverb ni larsen, pas d'esbrouffe pour les esgourdes. Pour une fois, mes oreilles à la sono, reconnaissantes. Coté musique, c'était parfait. Trois quatre quadra ou trente-nerfs aux instruments et not' chien battu au chant. Au chant, c'est beaucoup dire. À l'expression orale. Dans la lignée de Gainsbourg qui fait son insoumis, ou de Bashung qui ment la nuit. In Arno Veritas. Voilà. Le plaisir était au rendez-vous. Comme souvent la première fois avec un inconnu, dans un lieu nouveau. La deuxième fois, c'est déjà plus tout à fait la même chose. Et la première fois où on n'y va plus ??... Faut mettre les pieds dans le plat et payer cher pour aller voir un artiste qu'on déteste dans une salle de merde. Là au moins, il y a du choix !..
* j'ai toujours rêvé d'être un gangster
Arno à Vichy, l'idée a de quoi faire sourire. Y a de l'oxymore dans l'air. Arno à Dublin yes, à l'Oktoberfest jawohl, mais pas à Vichy. C'est pourtant ce qui est marqué sur le billet. ARNO JUS DE BOX TOUR. Mercredi 6 février 2008. L'année du film de Benchetrit*avec ce sketch inénarrable joué par Arno et Bashung. Ce soir-là, je voulais voir l'animal on est mal "à la Manset" ou underground "à la Kusturica". Et puis je ne voulais pas rater les filles du bord de mer. Elles sont venues, c'était magnifique. Merci à Adamo pour la chanson et à Valéry Larbaud pour l'acoustique. Un son limpide, pas trop fort, sans reverb ni larsen, pas d'esbrouffe pour les esgourdes. Pour une fois, mes oreilles à la sono, reconnaissantes. Coté musique, c'était parfait. Trois quatre quadra ou trente-nerfs aux instruments et not' chien battu au chant. Au chant, c'est beaucoup dire. À l'expression orale. Dans la lignée de Gainsbourg qui fait son insoumis, ou de Bashung qui ment la nuit. In Arno Veritas. Voilà. Le plaisir était au rendez-vous. Comme souvent la première fois avec un inconnu, dans un lieu nouveau. La deuxième fois, c'est déjà plus tout à fait la même chose. Et la première fois où on n'y va plus ??... Faut mettre les pieds dans le plat et payer cher pour aller voir un artiste qu'on déteste dans une salle de merde. Là au moins, il y a du choix !..
* j'ai toujours rêvé d'être un gangster
jeudi 5 septembre 2013
mercredi 4 septembre 2013
mardi 3 septembre 2013
décliner avec une régularité et une splendeur égales. Tout au long de mon existence, j'ai connu bien des coïncidences singulières, dont la moindre n'est pas ce fait qu'au moment exact où la rouge et radieuse physionomie de Dindon émettait ses plus vifs rayonnements, à cet instant critique, précisément, commençait cette phrase quotidienne où je considérais que ses capacités de travail se trouvaient sérieusement amoindries pour le reste de la journée. Non qu'il fût absolument oisif ou même réfractaire au travail ; loin de là. La difficulté consistait en ce fait qu'il pouvait déployer une énergie résolument excessive. Il régnait autour de lui une activité étrange, enflammée, tourbillonnante et d'une imprudence écervelée. Il ne prenait aucune précaution pour tremper sa plume dans l'encrier. Tous les pâtés qui maculaient mes documents, il les y laissait après midi. À vrai dire, il ne devenait pas simplement imprudent et tristement disposé à faire des pâtés l'après-midi, mais certains jours, il allait plus loin, et se montrait passablement bruyant. Dans ces moments, son visage s'embrasait d'une ardeur accrue, comme si l'on avait entassé de la houille blanche sur de l'anthracite. Il produisait avec son fauteuil un vacarme insupportable ; renversait sa boite à poudre ; retaillant ses plumes, il les mettait en pièces
houille et anthracite jaunes sur bartleby et melville gris, 2013
lundi 2 septembre 2013
FRAGMENTS D'UN MANIFESTE CANIN (38)
Mon medchien, consulté récemment pour une banale inappétence au plat de côte, me dit que je suis en chienne forme et que j'en ai encore pour des mois, voire des années. Mais que faire de tout ce temps, de tous ces jours surnuméraires, sachant qu'un chien normal vit en moyenne une vingtaine d'années et un chien parlant 45 à 50 ans ? J'ai dépassé cette limite, grillant la politesse à quelques humains que je porte en mon cœur et qui se sont éclipsés avant ce terme. Dois-je considérer, comme mon grand-père après la fin de la guerre de 14-18, que c'est du rab ? C'est ma vie et non la chienne, mais je le crois, comme disait Tonton François questionné en 1988 sur sa candidature à un deuxième mandat. Alors qu'en faire ? Trouver une niche plus confortable, me ranger des voitures comme tout un chienqu'un, ou alors devenir un politichien, me mettre au service du chien public ? Terminer ce manifeste ? J'avoue que je suis un peu perplexe et je sollicite votre avis. Comme vous pouvez le constater, je durcis mon discours en utilisant douze fois le mot chien en quinze lignes, mais ce zèle ne cache-t-il pas un appauvrissement du fond ? Ne suis-je pas en train de me laisser gagner par le chien-chien quotidien, de sacrifier la dialectique pananimale sur l'autel du chiennement correct ? S'il vous plaît faites m'en part.
vendredi 30 août 2013
MUSIQUE, TOUR, DÉTOUR, DIX CONCERTS [ 7 ]
Été 75. Nationale 7. François et Droopy rouler vers Orange. Nous fans de Lou Reed. Lou pas au programme, mais nous voir John Cale et Nico. Après Bad Co et autre compagnie, John arriver sur scène bien allumé avec casque de chantier. Pas vu tout de suite, mais J.Cale habillé en camisole de force, comme sur LP Helen of Troy. Enfin moi croire ça, mais François me dire non, pas camisole, mais combinaison d'aviateur, genre RAF 1944. Royal Air Force, presque camisole d'air force, mais pour fous des avions, pas pour fous des asiles. Droopy mieux comprendre après pourquoi Cale essayer atterrissage forcé, pris dans les fils de la sono. Lui s’énerver, mais guitariste gominé en cuir noir tenir la baraque. Moi dire à François à l'oreille que gominé être Chris Spedding, requin de studio très apprécié in the UK et habitué à débordements John Cale. Raison pourquoi lui pas broncher, lui fixer manche de sa Fender et assurer riffs en acier trempé assortis à délire vocal Cale. Spectacle moderne dans théâtre antique. À coté de nous, baba mâle pas intéressé rouler pelle à baba femelle. Sans doute eux vouloir Woodstock miniature, eux préférer Joe Cocker ou Santana à extrémisme ex-violoniste Velvet. Eux vouloir être in'. Eux déçus. Nous zapper Nico et son harmonium. Clin d’œil François. Putaing Cong Cale !
jeudi 29 août 2013
lundi 26 août 2013
FRAGMENTS D'UN MANIFESTE CANIN (37)
Le Fermoir vous invite à participer à son combat, en signant le manifeste des 5,67. Nous, Bedwho Dakin, Roswal Divisio et son chien Povlav, Katia et Bruno Halb-Wort* et Droopy Goldman initions une pétition baptisée "Nous sommes tous des juifs canins". Roswal est un ami breton de Bedwho qui est de toutes les luttes, même quand il est peu ou pas concerné, comme c'est le cas ici. Par contre, son chien Povlav l'est, ça va de soi. Il est très au fait des évolutions récentes des sociétés humaines et animales et de leurs multiples interfaces. Il est parlant, mais ses parents ne l'étaient pas. Il ne bénéficie donc pas du rattachement accordé aux chiens parlants depuis plus de deux générations. En tant que compagnon d'humain, il est assimilé DTP, deux-tiers parlant, au regard de la convention de Rabat de 1998, et conséquemment comptabilisé pour 0,67 dans le noyau dur de la pétition. D'où les 5,67. Et Bedwho, me direz-vous, qu'a-t-il à voir avec le judaïsme et la condition canine ? Rien. C'est par amitié qu'il s'est joint à moi qu'il a amené son ami et son chien. En fait, seuls les époux Halb-Wort et votre serviteur sommes pleinement impliqués et j'invite donc nos lecteurs juifs d'appartenance canine, ayant fait leur canin' out ou non, à nous rejoindre dans ce beau combat de milieu de garde. MD 567.
dimanche 25 août 2013
samedi 24 août 2013
VITE EST CE QUE TOUT EST PRÊT ?
OUI PATRON TOUT EST PRÊT
BON BON OÙ SONT MES GANTS ?
ICI ILS SONT VOS GANTS
BON BON MERCI MERCI BIEN ALORS ALLONS Y
OUI PATRON TOUT EST PRÊT
BON BON OÙ SONT MES GANTS ?
ICI ILS SONT VOS GANTS
BON BON MERCI MERCI BIEN ALORS ALLONS Y
JE M'APPROCHE DU LIT OUI ELLE EST BIEN ICI
BON OÙ EST MON MASQUE ?
IL EST LÀ VOTRE MASQUE PATRON
http://grooveshark.com/s/
L+op+
AIDEZ-MOI JE VOUS PRIE
OÙ EST DONC LE CORDON ?
PASSEZ LE BISTOURI
FAITES DONC ATTENTION
LE SCALPEL MAINTENANT
VÉRIFIEZ LA TENSION
ET LE FLACON D’ÉTHER
MAIS DE QUOI AI-JE L'AIR ?
vendredi 23 août 2013
MUSIQUE, TOUR, DÉTOUR, DIX CONCERTS [ 6 a ]
Le 5 décembre 1980, trois jours avant la mort de John Lennon, les Dogs étaient toujours vivants. Ils jouent dans un club en pleine cambrousse, entre Toulouse et Auch. Sur la route de nuit, je repense aux trois concerts précédents. Celui du Montjoye, avec ses tentures trop absorbantes, à l'inverse celui du hangar d'Audincourt, glacial mais heavy métallique, et puis celui de Dijon, à la fin duquel Gilles Tandy était monté sur scène pour un Fier de ne rien faire provocateur et prémonitoire. C'est vrai ça, que faire au printemps de 1980, si ce n'est postillonner dans un micro en attendant que la salle vous renvoie le tout en pleine gueule ? Mais elle ne le fit pas et le cadet des frères Tandy continua de s'user la santé à vouloir décaler la planète rock de quelques millimètres, à gauche de préférence. Ça y est, j'ai trouvé la salle. À l'intérieur, ça sent la fumée. Plus que ça, la fumée fait un film autour du spectateur. Ses yeux piquent. Ses muqueuses déclenchent le plan vigicigare. Tout ça, c'était avant que la loi Evin ne soit portée sur les fonds baptismaux, comme disent les chroniqueurs démocrates chrétiens. Par contre, deux cents péquins réunis dans une salle obscure pour une heure et demie de rock, c'est le pied. Hey ! C'est ça ! J'ai retrouvé le nom du club sur la route d'Auch, il s'appelait Le Pied.
Le 5 décembre 1980, trois jours avant la mort de John Lennon, les Dogs étaient toujours vivants. Ils jouent dans un club en pleine cambrousse, entre Toulouse et Auch. Sur la route de nuit, je repense aux trois concerts précédents. Celui du Montjoye, avec ses tentures trop absorbantes, à l'inverse celui du hangar d'Audincourt, glacial mais heavy métallique, et puis celui de Dijon, à la fin duquel Gilles Tandy était monté sur scène pour un Fier de ne rien faire provocateur et prémonitoire. C'est vrai ça, que faire au printemps de 1980, si ce n'est postillonner dans un micro en attendant que la salle vous renvoie le tout en pleine gueule ? Mais elle ne le fit pas et le cadet des frères Tandy continua de s'user la santé à vouloir décaler la planète rock de quelques millimètres, à gauche de préférence. Ça y est, j'ai trouvé la salle. À l'intérieur, ça sent la fumée. Plus que ça, la fumée fait un film autour du spectateur. Ses yeux piquent. Ses muqueuses déclenchent le plan vigicigare. Tout ça, c'était avant que la loi Evin ne soit portée sur les fonds baptismaux, comme disent les chroniqueurs démocrates chrétiens. Par contre, deux cents péquins réunis dans une salle obscure pour une heure et demie de rock, c'est le pied. Hey ! C'est ça ! J'ai retrouvé le nom du club sur la route d'Auch, il s'appelait Le Pied.
MUSIQUE, TOUR, DÉTOUR, DIX CONCERTS [ 6 b ]
Ce soir-là, Dominique, Hugues et Mimi ont fait dans le classique, Nobody but me, I'm real, Fortune teller, plus quelques chansons de Walking shadows fraîchement sorti, Boy, Algomania, Skin on skin, etc. Tout roulait, la tension montait à mesure que l’électricité investissait les territoires les plus secrets, comme les paupières des ovales-de-cuir - au pays de Nougaro, l’ovalie est la règle - ou l’horloge biologique des noctambules, quand soudain, PLUNKKK !!... plus de jus, la salle est dans le noir, on entend une grosse mouche voler. Non, ce n'est pas une mouche, ce sont les tympans qui décompressent. Un spot blanc éclaire la scène par l’arrière. Dominique marmonne, Hugues et Mimi ne bronchent pas. Plusieurs fois, le courant nourricier revient dans les lampes, mais shunte à nouveau. Quelques-uns sifflent. C'est l'occasion de m'approcher de la scène... trop tard, c'est reparti ! On n'aura pas Sally's eyes. D'ailleurs les trois fois d'avant, ils ne l'ont pas faite. Par contre, Shout est toujours le morceau de choix, celui qu'ils gardent pour le rappel. Comme tout accro-dog qui se respecte, j'adore Shout. Mais dans la salle, combien sont-ils à l'aimer pour les mêmes raisons que moi ? Dix ? Cinq ? Aucun ?... Qu'est-ce que Shout avait - et a toujours - de plus qu'une autre chanson des sixties ??...
Ce soir-là, Dominique, Hugues et Mimi ont fait dans le classique, Nobody but me, I'm real, Fortune teller, plus quelques chansons de Walking shadows fraîchement sorti, Boy, Algomania, Skin on skin, etc. Tout roulait, la tension montait à mesure que l’électricité investissait les territoires les plus secrets, comme les paupières des ovales-de-cuir - au pays de Nougaro, l’ovalie est la règle - ou l’horloge biologique des noctambules, quand soudain, PLUNKKK !!... plus de jus, la salle est dans le noir, on entend une grosse mouche voler. Non, ce n'est pas une mouche, ce sont les tympans qui décompressent. Un spot blanc éclaire la scène par l’arrière. Dominique marmonne, Hugues et Mimi ne bronchent pas. Plusieurs fois, le courant nourricier revient dans les lampes, mais shunte à nouveau. Quelques-uns sifflent. C'est l'occasion de m'approcher de la scène... trop tard, c'est reparti ! On n'aura pas Sally's eyes. D'ailleurs les trois fois d'avant, ils ne l'ont pas faite. Par contre, Shout est toujours le morceau de choix, celui qu'ils gardent pour le rappel. Comme tout accro-dog qui se respecte, j'adore Shout. Mais dans la salle, combien sont-ils à l'aimer pour les mêmes raisons que moi ? Dix ? Cinq ? Aucun ?... Qu'est-ce que Shout avait - et a toujours - de plus qu'une autre chanson des sixties ??...
MUSIQUE, TOUR, DÉTOUR, DIX CONCERTS [ 6 c ]
En 1962, c'est Joey Dee
& the Starliters qui poussaient le Shout des Isley Brothers
sorti trois ans plus tôt. Une bonne reprise, chaloupée à souhait, avec un bruit
de fond qui évoque l'atmosphère d'un club live. On entend presque les verres
tinter. La version qu'en donnent les Dogs vingt ans plus tard est parfaite. En
fait, c'est la meilleure. Celle des Shangri-Las est bubble gum, celle de Lulu & the Luvers en 65 n'est pas mal, mais blanchie à la chaux du goût anglais.
Non, rien n'atteint la verve inspirée et le beat au cirage noir de Laboubée qui
fait oui... « You know you make
me wanna SHOUT... don't forget to say you will... don't forget to say yeah
yeah,YEAH YEAH... say YOU WILL !!! » Une version Bodiddleyienne,
qui n'est pas sans rappeler ce que doit Hateful
des Clash à l'homme à la guitare aux coins carrés. Puis le shake s'est arrêté
et la lumière est revenue. De deuxième rappel il n’y eut point, car comme chaque chien sait, Shout est le point de non retour, ou si vous préférez, le
point sur le i de il faut y aller maintenant. Les chiots étaient tristes.
Les vieux chiens un peu fatigués. Pas de chiennes, ou très peu. Certains se sont serré la patte en quittant la boite
et chacun est rentré chez soi, dans le Gers, les Pyrénées Atlantiques, les
Landes. Plus loin encore peut-être. Wide and wild is the West.
jeudi 22 août 2013
mardi 20 août 2013
lundi 19 août 2013
FRAGMENTS D'UN MANIFESTE CANIN (36)
J'ai reçu à mon adresse personnelle la lettre d'un lecteur mécontent. Bruno Halb-Wort [ il signe de ce nom, j'en déduis donc qu'il m'autorise à dévoiler son identité ] me dit que je m'écarte de la ligne directrice du manifeste canin, énoncée dans les premiers numéros publiés en septembre 2012. Il en veut pour preuve les quatre dernières publications qui traitent de religion et autres divagations spirituelles sans rapport avec la condition canine. Il me dit, et je le crois, que ces quatre articles ne font pas avancer notre cause et se perdent en de vaines digressions qui le fatiguent. Il ajoute que si je veux me rendre utile à nos semblables - il est lui-même chien parlant issu de chien parlant depuis quatre générations - je devrais plutôt me préoccuper du statut de nos congénères juifs. Sa femme Katia et lui tiennent à ma disposition une documentation sur le sujet, agrémentée d'articles de presse, d'une correspondance avec le CRIF et d'une liste de sympathisants et de militants dévoués. Sa lettre m'a ému. Son écriture est très belle. Je veux parler de la calligraphie, mais c'est un élément déterminant dans l'écriture, vous en conviendrez. Je vais me pencher sur la question qu'il soulève. Je n'aurai pas trop de six jours pour préparer une synthèse en 15 lignes dont vous aurez la primeur lundi prochain. Votre dévoué, DOG ;
vendredi 16 août 2013
La couleur. Mon tracteur est rouge et Keith Richard est blanc. Sinon, ce sont les mêmes. À chaque fois, je crois qu'il [ mon tracteur ou KR ] va serrer, se décomposer, partir en vinaigrette, et chaque fois il [ KR ou mon tracteur ] repart en crachant, en raclant et coui- nant, mais en remplissant sa dure mission, détruire de l'herbe et faire des fausses notes.
MUSIQUE, TOUR, DÉTOUR, DIX CONCERTS [ 5 ]
En 9 mois, j'ai vu 3 fois Doctors of Madness. 3 x 3 = 9. Le compte est bon. La dernière fois, c'était en juin 77 au Montjoye, un cinéma de quartier. Si le rock est un foutoir de salive et de sueur, de fils dénudés et de barbes laides, de grands crics qui me croquent, ces quatre-là m'ont ôté d'un poids. Et si les météores du punk n'ont pas eu le temps de venir jusqu'à nous, pauvres petits merdeux de province, on a eu les Docteurs Mabuse du rock anglais. Aussi glam que Bowie, aussi doués que Ducks Deluxe, aussi radicaux que Clash, aussi speed que Joy Division. J'arrête là ce panégyrique, un peu déplacé si on parle de rebelles. Rebelles oui, mais avec une cause. Avec une clause, musicale. Ces types ne sont rien moins que les petits frères du Velvet, les cousins de Lou Reed, les copains de John Cale. Vous vous en foutez ? Vous voulez savoir quoi en live ? OK. Les cheveux bleus et la goualante de Kid Strange. Le treillis US et les rangers d'Urban Blitz, son agilité à passer de sa Fender blanche comme neige à son violon roux comme un écureuil. Son archet tranchant comme le rasoir du barbier, ses chorus millimétrés après quoi rien ne repousse. Le son, un bain de jouvence. La lumière, un big bang miniature. Magique, dito Roxy Music & Eno. Faut me croire sur parole. Les scellés ont été détruits.
jeudi 15 août 2013
mardi 13 août 2013
Ci-dessous copie de la lettre que j'adresse à la BEV, suite au contrôle subi par le journal le 18 juillet dernier - voir notre édition du 25 juillet.
Le Fermoir = / = Brigade Éditoriale Volante Bourgogne
24, rue Kupferberg 16, octroi du Chanoine Kir
21120 Tarsul 21000 Dijon
Tarsul, le 13 août 2013
Monsieur Rey,
Suite au contrôle éditorial sur site [ref. CESS 89/13] que vous avez opéré
au bureau du journal le 18 juillet dernier et au procès-verbal établi à cette
occasion, j'ai l'honneur de préciser les points suivants :
- Concernant les observations 6 et 7 que vous qualifiez d'infractions, je serais
Monsieur Rey,
Suite au contrôle éditorial sur site [ref. CESS 89/13] que vous avez opéré
au bureau du journal le 18 juillet dernier et au procès-verbal établi à cette
occasion, j'ai l'honneur de préciser les points suivants :
- Concernant les observations 6 et 7 que vous qualifiez d'infractions, je serais
très curieux de prendre connaissance de la "charte muette" à laquelle vous
faites allusion. À aucun moment, lors de la période qui a précédé la première
publication du journal en juillet 2011, je n'ai soupçonné l'existence de ce
texte, sans doute en raison de son caractère tacite. Je ne me considère
texte, sans doute en raison de son caractère tacite. Je ne me considère
donc soumis en aucune façon à ses éventuelles règles ou préconisations.
- Concernant les anomalies n°1 à 5 que vous relevez et dans lesquelles vous
mettez clairement en cause l'objectivité de notre matière éditoriale, et par là
même la déontologie des membres de la rédaction, je souhaiterais que vous
me fassiez savoir si quelque chose s'oppose au rattachement de mon journal
à la presse dite d'opinion.
même la déontologie des membres de la rédaction, je souhaiterais que vous
me fassiez savoir si quelque chose s'oppose au rattachement de mon journal
à la presse dite d'opinion.
Dans cette attente, j'attends votre contre-visite et vous souhaite une bonne fin
de mois, pleine de contrôles éditoriaux sur site fructueux.
Bien à vous,
Droopy Goldman, gérant
de mois, pleine de contrôles éditoriaux sur site fructueux.
Bien à vous,
Droopy Goldman, gérant
lundi 12 août 2013
FRAGMENTS D'UN MANIFESTE CANIN (35)
Excusez-moi.
J'ai coupé court lors du précédent fragment. Au sens propre : j'avais
atteint la limite des 15 lignes et je m’astreins à
ne plus dépasser cette taille. Quid des alter ego évoqués dans le # 34 ? À vrai dire, j'ai deux alter ego. Natch et Y'ug. L'idée de
pardon est sans objet avec eux, tout comme celle d'offense. On ne s'est
pas vus assez souvent, ni assez longtemps pour entrer dans ce manège
infernal. Étant situé au point focal de nos trois identités, je garde
par-devers moi leur part de lumière pour atténuer ma part d'ombre. Exit
le pardon que je dois m'accorder à moi-même. La question est réglée. P.S. Comme souvent, c'est une émotion
musicale qui m'a ramené sur le terrain du pardon. C'est en écoutant Ob-la-di ob-la-da que je me suis souvenu que John avait traité de "merde" cette chanson écrite par Paul. Et aussi la remarque de Keith Richard* questionné sur l'album blanc,
moins violente en apparence, mais beaucoup plus acerbe qu'il n'y paraît : « sur trente chansons, il y en a cinq bonnes ». Mais que viennent faire ces histoires futiles dans ce fragment consacré au
pardon ? Je ne sais pas. La blessure ressentie n'est pas propor-tionnelle à la violence apparente. J'ai pardonné à John = il a changé
le cours de ma vie. Pour Keith, ça m'amuse d'imaginer la réponse qu'il
ferait aujourd'hui à la même question !
* voir notre édition du 29 janvier 2013
* voir notre édition du 29 janvier 2013
dimanche 11 août 2013
vendredi 9 août 2013
MUSIQUE, TOUR, DÉTOUR, DIX CONCERTS [ 4 ]
1) Réserver le billet pour le concert. Unique. 2) Prendre le train pour Toulouse. Facile. 3) Aller chercher le billet à Music Action, rue des Lois. Élémentaire mon cher Williamson 4) Se transporter à la Halle aux Grains. Même pas peur. 5) Pénétrer. Jouissif. 6) Se la péter. Eh ouais man, j'avais un hole dans mon emploi du temps, alors j'me suis dit, let's go pour un petit trip Iggy... bla bla bla... Faut dire qu'en 78, Jimmy Osterberg, alias Mr Pop, n'était venu qu'une fois en France. L'année d'avant à l’Hippodrome de Paris, avec interview par Yves Mourousi au 13h de TF1. Ça vous donne une idée des vibrations qui emplissaient la vénérable Halle aux Grains. La température montait si vite que ça fermentait déjà quand le reptile du Michigan a sauté sur scène. C'est un poncif de dire que je ne me rappelle de rien, vu l'atmosphère insurrectionnelle qui régnait en ce soir de mai. Mais j'étais bien là, en nerfs et en fosse. Et j'ai un témoin, comme dit Patrick Balkany. Mon fidèle Fujica ST 901 équipé du SMC Takumar 85mm et du doubleur Komura. 80 Ektachromes où l'iguane passe de la momie blanche au cuir noir à la Vince Taylor, puis au collant rouge. Pantin qui se désarticule en cadence, le fil du micro autour de son cou de poulet. Félin fêlé escala- dant la sono comme un arbre fruitier. Bouffon du Roi Cramoisi dans la Cité des Violettes.
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