Affichage des articles dont le libellé est MTDDC. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est MTDDC. Afficher tous les articles

vendredi 27 septembre 2013

MUSIQUE, TOUR, DÉTOUR, DIX CONCERTS  [ FIN ]

Mars 1984. Le Gibus Club, rue du Faubourg du Temple à Paris, à deux pas de la place de la République. C’est une cave remplie de noctambules au teint blafard, agglomérés par l'envie de vider quelques verres entre habitués, ce qui est un moteur poussif vous en conviendrez. Il est tard. La guest star du jour se fait désirer, la nuit. Le voilà. C’est Johnny Thunders. Il a poussé la communion avec son public au point d'entrer en scène sur une jambe et demie. La fête promet d'être complète. Mais dès le premier morceau, la fraction - armée rouge ? - de l'assistance venue pour la musique a compris que la chair serait triste, avant même d'être consommée. Little Johnny a laissé la foudre au vestiaire et pond ses chansons l'une après l'autre, comme une poule arthritique, sans traitement particulier, le regard perdu sur la ligne bleue des vodka curaçao. Je les reconnais, ou plutôt je les identifie à regret, comme on serait amené à le faire pour un ami ou un proche à l'institut médico-légal. Pipeline n'arrive pas à la hauteur de l'original des Chantays, c’est dire où on est rendus. Chinese rocks en bluette inoffensive, Daddy rolling stone indigne, Born to loose émasculé à la Plastic Bertrand. Où suis-je ? Y a t-il une issue à ce réduit de pro miss cuitées ? Et d’abord, qui est présent sur scène ? À droite, je l’ai reconnu, c’est Walter Lure à la guitare, mais qui est le bassiste à gauche ? Et sur le tabouret derrière la batterie ? Mais pourquoi est-ce que je n’en reconnais aucun ?? C’est affreux... AAHHH... BAD-BOMM-BRADDA-BROMM-!-!! Qui... Quoi ?... Quo-Quoment ?... Je suis face contre terre, le nez dans une chaussette, un bras replié dans le dos, l’autre est resté dans le torchon. Putain de cauchemar... Vite mon So Alone. Merde, il est pas là !... Ah oui, c’est Natch qui l’a. Mais j’ai ma compile sur K7. Celle du voyage à Lisbonne avec Y'ug en 83...

Extrait de Musique pour Escalator
© Phil.Flesch et D.Goldman 2012

vendredi 20 septembre 2013

MUSIQUE, TOUR, DÉTOUR, DIX CONCERTS  [ 10 ]

Certains artistes sont un plat de pâtes fraîches. Il faut les manger quand ils sont prêts. Al dente, fumants. Les Dexys Midnight Runners en font partie. En 1980, ils sont mis sur orbite par la déflagration de Searching for the Young Soul Rebels. 1981, pareil. Ils ne sont pas retombés, tellement ce disque les a propulsés haut. En 1982, l’album Too-Rye-Ay en remet une couche, en couleur. Deuxième secousse. Réplique Celtique. Let's make this precious, Old, Plan B, Until I believe in my soul, etc. Un tel coup de pied dans la fourmilière alors que la colonie en était encore à atténuer les effets de Burn it down, Geno ou There there my dear, c'était de la folie. En avril 83, Kevin Rowland et ses Coureurs de Minuit sont au Casino de Paris. Je me souviens des casquettes, des gilets troués et des foulards. Et des colonnes du Casino. Pour la musique, c'est trop tard, le pic est passé. Peu avant, c'était le Piton de la Fournaise. Là on glisse déjà en free ride sur les flancs du volcan et dans pas longtemps on aura les pieds dans l'Océan Indien. On aurait été à l'Opéra que la magie n'aurait pas opéré. Absente, envolée dans le ciel celte. Alors il nous reste les deux disques. Rien ne pourra les émasculer. Ils continueront de tourner à raison de 33 tours 1/3 à la minute et de répandre la semence des Jeunes Rebelles de l'Âme UK.

vendredi 13 septembre 2013

MUSIQUE, TOUR, DÉTOUR, DIX CONCERTS  [ 9 ]

Bob Marley - 4 juin 80 - Dijon, Palais des Sports. J'ai longtemps gardé le billet* comme un gris-gris. J'ai pas vu les Beatles, Jacques Brel, John Coltrane ni Fleetwood Mac, mais bon quand même, le Fumeur de Ganja, le Joueur de Foot Pieds Nus, le Rasta Universel, oui. Mais voilà, on nous a menti. Comme Festina a menti à Richard Virenque. Exit le Palais des Sports où fin avril, j'ai vu les Dogs et Gilles Tandy et fumé ma dernière cigarette, une Peter Stuyvesant bleue. Pourquoi cette tromperie ? Jah seul le sait. On s'est retrouvés dans un stade en béton. La pire acoustique qu'on puisse imaginer. La scène dans la tribune à notre gauche, le public partout ailleurs. Deux sons. Le son direct et le son réverbéré par la tribune de droite. Écouter Bob Marley dans ces conditions, c'est comme manger un tournedos Rossini accroupi sur une grille de métro ou boire un verre de Meursault Charmes dans une pissotière. Mais il faut accepter et faire contre mauvaise fortune bon reggae. Comme il faut des cons pour mettre en valeur les gens brillants, il faut des mauvais organisateurs de concerts pour apprécier les esthètes, ceux qui font ce métier par amour de la musique et pas par amour des talbins. En 1976 à Kingston, Robert Nesta Marley a échappé à un assassinat. En 1980 à Dijon, c'est sa musique qui a morflé.

* voir article du 24 juin 2012

vendredi 6 septembre 2013

MUSIQUE, TOUR, DÉTOUR, DIX CONCERTS  [ 8 ]

Arno à Vichy, l'idée a de quoi faire sourire. Y a de l'oxymore dans l'air. Arno à Dublin yes, à l'Oktoberfest jawohl, mais pas à Vichy. C'est pourtant ce qui est marqué sur le billet. ARNO JUS DE BOX TOUR. Mercredi 6 février 2008. L'année du film de Benchetrit*avec ce sketch inénarrable joué par Arno et Bashung. Ce soir-là, je voulais voir l'animal on est mal "à la Manset" ou underground "à la Kusturica". Et puis je ne voulais pas rater les filles du bord de mer. Elles sont venues, c'était magnifique. Merci à Adamo pour la chanson et à Valéry Larbaud pour l'acoustique. Un son limpide, pas trop fort, sans reverb ni larsen, pas d'esbrouffe pour les esgourdes. Pour une fois, mes oreilles à la sono, reconnaissantes. Coté musique, c'était parfait. Trois quatre quadra ou trente-nerfs aux instruments et not' chien battu au chant. Au chant, c'est beaucoup dire. À l'expression orale. Dans la lignée de Gainsbourg qui fait son insoumis, ou de Bashung qui ment la nuit. In Arno Veritas. Voilà. Le plaisir était au rendez-vous. Comme souvent la première fois avec un inconnu, dans un lieu nouveau. La deuxième fois, c'est déjà plus tout à fait la même chose. Et la première fois où on n'y va plus ??... Faut mettre les pieds dans le plat et payer cher pour aller voir un artiste qu'on déteste dans une salle de merde. Là au moins, il y a du choix !..

* j'ai toujours rêvé d'être un gangster

vendredi 30 août 2013

MUSIQUE, TOUR, DÉTOUR, DIX CONCERTS  [ 7 ]

Été 75. Nationale 7. François et Droopy rouler vers Orange. Nous fans de Lou Reed. Lou pas au programme, mais nous voir John Cale et Nico. Après Bad Co et autre compagnie, John arriver sur scène bien allumé avec casque de chantier. Pas vu tout de suite, mais J.Cale habillé en camisole de force, comme sur LP Helen of Troy. Enfin moi croire ça, mais François me dire non, pas camisole, mais combinaison d'aviateur, genre RAF 1944. Royal Air Force, presque camisole d'air force, mais pour fous des avions, pas pour fous des asiles. Droopy mieux comprendre après pourquoi Cale essayer atterrissage forcé, pris dans les fils de la sono. Lui s’énerver, mais guitariste gominé en cuir noir tenir la baraque. Moi dire à François à l'oreille que gominé être Chris Spedding, requin de studio très apprécié in the UK et habitué à débordements John Cale. Raison pourquoi lui pas broncher, lui fixer manche de sa Fender et assurer riffs en acier trempé assortis à délire vocal Cale. Spectacle moderne dans théâtre antique. À coté de nous, baba mâle pas intéressé rouler pelle à baba femelle. Sans doute eux vouloir Woodstock miniature, eux préférer Joe Cocker ou Santana à extrémisme ex-violoniste Velvet. Eux vouloir être in'. Eux déçus. Nous zapper Nico et son harmonium. Clin d’œil François. Putaing Cong Cale !

vendredi 23 août 2013

MUSIQUE, TOUR, DÉTOUR, DIX CONCERTS  [ 6 a ]

Le 5 décembre 1980, trois jours avant la mort de John Lennon, les Dogs étaient toujours vivants. Ils jouent dans un club en pleine cambrousse, entre Toulouse et Auch. Sur la route de nuit, je repense aux trois concerts précédents. Celui du Montjoye, avec ses tentures trop absorbantes, à l'inverse celui du hangar d'Audincourt, glacial mais heavy métallique, et puis celui de Dijon, à la fin duquel Gilles Tandy était monté sur scène pour un Fier de ne rien faire provocateur et prémonitoire. C'est vrai ça, que faire au printemps de 1980, si ce n'est postillonner dans un micro en attendant que la salle vous renvoie le tout en pleine gueule ? Mais elle ne le fit pas et le cadet des frères Tandy continua de s'user la santé à vouloir décaler la planète rock de quelques millimètres, à gauche de préférence. Ça y est, j'ai trouvé la salle. À l'intérieur, ça sent la fumée. Plus que ça, la fumée fait un film autour du spectateur. Ses yeux piquent. Ses muqueuses déclenchent le plan vigicigare. Tout ça, c'était avant que la loi Evin ne soit portée sur les fonds baptismaux, comme disent les chroniqueurs démocrates chrétiens. Par contre, deux cents péquins réunis dans une salle obscure pour une heure et demie de rock, c'est le pied. Hey ! C'est ça ! J'ai retrouvé le nom du club sur la route d'Auch, il s'appelait Le Pied.
MUSIQUE, TOUR, DÉTOUR, DIX CONCERTS  [ 6 b ]

Ce soir-là, Dominique, Hugues et Mimi ont fait dans le classique, Nobody but me, I'm real, Fortune teller, plus quelques chansons de Walking shadows fraîchement sorti, Boy, Algomania, Skin on skin, etc. Tout roulait, la tension montait à mesure que l’électricité investissait les territoires les plus secrets, comme les paupières des ovales-de-cuir - au pays de Nougaro, l’ovalie est la règle - ou l’horloge biologique des noctambules, quand soudain, PLUNKKK !!... plus de jus, la salle est dans le noir, on entend une grosse mouche voler. Non, ce n'est pas une mouche, ce sont les tympans qui décompressent. Un spot blanc éclaire la scène par l’arrière. Dominique marmonne, Hugues et Mimi ne bronchent pas. Plusieurs fois, le courant nourricier revient dans les lampes, mais shunte à nouveau. Quelques-uns sifflent. C'est l'occasion de m'approcher de la scène... trop tard, c'est reparti ! On n'aura pas Sally's eyes. D'ailleurs les trois fois d'avant, ils ne l'ont pas faite. Par contre, Shout est toujours le morceau de choix, celui qu'ils gardent pour le rappel. Comme tout accro-dog qui se respecte, j'adore Shout. Mais dans la salle, combien sont-ils à l'aimer pour les mêmes raisons que moi ? Dix ? Cinq ? Aucun ?... Qu'est-ce que Shout avait - et a toujours - de plus qu'une autre chanson des sixties ??...
MUSIQUE, TOUR, DÉTOUR, DIX CONCERTS  [ 6 c ]

En 1962, c'est Joey Dee & the Starliters qui poussaient le Shout des Isley Brothers sorti trois ans plus tôt. Une bonne reprise, chaloupée à souhait, avec un bruit de fond qui évoque l'atmosphère d'un club live. On entend presque les verres tinter. La version qu'en donnent les Dogs vingt ans plus tard est parfaite. En fait, c'est la meilleure. Celle des Shangri-Las est bubble gum, celle de Lulu & the Luvers en 65 n'est pas mal, mais blanchie à la chaux du goût anglais. Non, rien n'atteint la verve inspirée et le beat au cirage noir de Laboubée qui fait oui... « You know you make me wanna SHOUT... don't forget to say you will... don't forget to say yeah yeah,YEAH YEAH... say YOU WILL !!! » Une version Bodiddleyienne, qui n'est pas sans rappeler ce que doit Hateful des Clash à l'homme à la guitare aux coins carrés. Puis le shake s'est arrêté et la lumière est revenue. De deuxième rappel il n’y eut point, car comme chaque chien sait, Shout est le point de non retour, ou si vous préférez, le point sur le i de il faut y aller maintenant. Les chiots étaient tristes. Les vieux chiens un peu fatigués. Pas de chiennes, ou très peu. Certains se sont serré la patte en quittant la boite et chacun est rentré chez soi, dans le Gers, les Pyrénées Atlantiques, les Landes. Plus loin encore peut-être. Wide and wild is the West.

vendredi 16 août 2013

MUSIQUE, TOUR, DÉTOUR, DIX CONCERTS  [ 5 ]

En 9 mois, j'ai vu 3 fois Doctors of Madness. 3 x 3 = 9. Le compte est bon. La dernière fois, c'était en juin 77 au Montjoye, un cinéma de quartier. Si le rock est un foutoir de salive et de sueur, de fils dénudés et de barbes laides, de grands crics qui me croquent, ces quatre-là m'ont ôté d'un poids. Et si les météores du punk n'ont pas eu le temps de venir jusqu'à nous, pauvres petits merdeux de province, on a eu les Docteurs Mabuse du rock anglais. Aussi glam que Bowie, aussi doués que Ducks Deluxe, aussi radicaux que Clash, aussi speed que Joy Division. J'arrête là ce panégyrique, un peu déplacé si on parle de rebelles. Rebelles oui, mais avec une cause. Avec une clause, musicale. Ces types ne sont rien moins que les petits frères du Velvet, les cousins de Lou Reed, les copains de John Cale. Vous vous en foutez ? Vous voulez savoir quoi en live ? OK. Les cheveux bleus et la goualante de Kid Strange. Le treillis US et les rangers d'Urban Blitz, son agilité à passer de sa Fender blanche comme neige à son violon roux comme un écureuil. Son archet tranchant comme le rasoir du barbier, ses chorus millimétrés après quoi rien ne repousse. Le son, un bain de jouvence. La lumière, un big bang miniature. Magique, dito Roxy Music & Eno. Faut me croire sur parole. Les scellés ont été détruits.

vendredi 9 août 2013

MUSIQUE, TOUR, DÉTOUR, DIX CONCERTS  [ 4 ]

1) Réserver le billet pour le concert. Unique. 2) Prendre le train pour Toulouse. Facile. 3) Aller chercher le billet à Music Action, rue des Lois. Élémentaire mon cher Williamson 4) Se transporter à la Halle aux Grains. Même pas peur. 5) Pénétrer. Jouissif. 6) Se la péter. Eh ouais man, j'avais un hole dans mon emploi du temps, alors j'me suis dit, let's go pour un petit trip Iggy... bla bla bla... Faut dire qu'en 78, Jimmy Osterberg, alias Mr Pop, n'était venu qu'une fois en France. L'année d'avant à l’Hippodrome de Paris, avec interview par Yves Mourousi au 13h de TF1. Ça vous donne une idée des vibrations qui emplissaient la vénérable Halle aux Grains. La température montait si vite que ça fermentait déjà quand le reptile du Michigan a sauté sur scène. C'est un poncif de dire que je ne me rappelle de rien, vu l'atmosphère insurrectionnelle qui régnait en ce soir de mai. Mais j'étais bien là, en nerfs et en fosse. Et j'ai un témoin, comme dit Patrick Balkany. Mon fidèle Fujica ST 901 équipé du SMC Takumar 85mm et du doubleur Komura. 80 Ektachromes où l'iguane passe de la momie blanche au cuir noir à la Vince Taylor, puis au collant rouge. Pantin qui se désarticule en cadence, le fil du micro autour de son cou de poulet. Félin fêlé escala- dant la sono comme un arbre fruitier. Bouffon du Roi Cramoisi dans la Cité des Violettes.

vendredi 2 août 2013

MUSIQUE, TOUR, DÉTOUR, DIX CONCERTS  [ 3 ]

Durant l'été 73, j'étais à Vienne. Pas en Isère, en Autriche. Une affiche, un article dans le journal : Weißer blueskönig kommt nach Wien... Bref, à l'heure de la bière et du bretzel, je me suis retrouvé dans un théâtre doré au velours rouge à attendre un petit blanc. Seul. Quelques images m'ont traversé l'esprit... Eric Burdon, le chouchou de Brian Jones... sa reprise du Ring Of Fire de June Carter... San Francisco... puis le nabot de Newcastle est monté sur scène avec un blond et deux blacks. Aalon Butler guitare, Alvin Taylor batterie. Après, je perds le fil d'Aryan. C'était pas du rock, ni de la soul, ni du folk. C'était du funk. Du blues qui craque et du rythme qui claque comme le fouet du dompteur qui répond au rugissement du lion. Et vice-versa. Il ont dû faire la plupart des titres de STOP et de Sun Secrets, agrémentés de quelques phares et balises du rock anglais, mais je ne pourrais pas l'affirmer. Par contre, en rappel, je confirme : le petit monsieur Eric a minaudé avant d’égrener le premier vers de La Maison du Soleil Levant. Les trois black-blanc-black se sont fait tout petits... et la seule évocation de ce moment me tire deux petites larmes, chaudes comme celles que je verse en voyant George Michael chanter Village Ghetto Land à Wembley. C'est con la musique. C'est fait pour vous divertir et ça vous fait pleurer.

vendredi 26 juillet 2013

MUSIQUE, TOUR, DÉTOUR, DIX CONCERTS  [ 2 ]

En 2001 aux Eurockéennes de Belfort, le premier jour il y avait les Deftones. On ne les a pas vus, parce que l'orage a fait péter la sono et que la soirée s'est terminée avec Incubus sous le chapiteau. Je m'en fous, j'avais eu Matmatah dans l'après-midi. Et là, toutes proportions gardées, c'est le meilleur concert que j'ai vu de ma vie. Entendons-nous bien. Je parle ici de rapport qualité attente. Je n'en attendais rien, vu que je ne connaissais pas ce groupe, et j'ai tout eu. Le son, clair et net. Le rock, éclectique. Le temps, beau. La pelouse, tendre et verte. Et pourtant je n'affectionne ni la Bretagne, ni la musique celtique. Sauf celle de Dexys. Sauf celle de Matmatah. Que dire de plus ? Rien. Tout ça ne s'explique pas. C'est comme ça, comme dirait Rita Mitsouko. Vous ne me croyez pas ? Vous sentez dans mon propos une part d'artifice, un soupçon de non-dit ou de subliminal. Vous avez raison. J'avoue que depuis, j'ai fait le lien avec un événement dont je vous parlais l'autre jour. J'appelle ça le syndrome Hyde Park & Son. J'étais avec mon fils - la réalité - et je me croyais à Hyde Park - le rêve. Je n'en dirai pas plus, sauf en présence de mon avocat. Pour finir, j'aime beaucoup le premier CD, La Ouache, et aussi le deuxième, Rebelote, où il y a Out, une jam à la Jimmy Page et Grave Digger, une pépite qui palpite.

vendredi 19 juillet 2013

MUSIQUE, TOUR, DÉTOUR, DIX CONCERTS  [ 1 ]

Mars 1975. Lou Reed est à l'affiche du Parc des Expositions de Colmar. Depuis trois ans qu'il a fugué de chez ses parents, il n'a pas chômé. Deux albums en 1972, Berlin en 73, Sally Can't Dance l'année suivante, et puis surtout Rock N Roll Animal. Le plus grand disque live de tous les temps, ou le plus grand concert. C'est l'un des deux. Faut choisir. Comme je n'étais pas à la Howard Stein Academy of Music de New York, ce fameux soir du 21 décembre 1973, je mettrai le focus sur cette soirée alsacienne de 1975. Not' Lou a laissé tombé le rimmel, la boule à presque zéro et les bracelets et collier de chien. Dommage, mais on fera sans. Il arbore un look ordinaire, chemise noire, dark shades et Gibson rouge. Si je peux être aussi affirmatif, c'est parce que j'ai fait ce soir-là mes premières photos de scène avec le Fuji acheté quelques mois plus tôt. En tout, 20 diapos dont deux sur lesquelles Doug Yule accorde sa guitare avec le petit Lou. J'ai vu plusieurs concerts de L.Reed, mais celui-ci est mon préféré, parce que c'est le premier et parce qu'il y avait D.Yule. Cf. Candy Says sur The Velvet Underground - MGM SE 4617 et New Age sur Loaded - Cotillion SD 9034. Paroles et musique : Lou Reed. Chant : Doug Yule. Le pendant américain du binôme Peter Green Danny Kirwan dans Fleetwood Mac, non ??

vendredi 12 juillet 2013

MUSIQUE, TOUR, DÉTOUR, DIX CONCERTS  [ INTRO ]

La musique ne se raconte pas, c'est le plus immatériel des arts. Les concerts non plus. On peut s'en souvenir, un peu, beaucoup, passionnément, et puis perdre soudain toute trace tangible, se retrouver avec une simple sensation, une petite lumière, une vibration. Le premier concert est parfois difficile, c'est un choc émotionnel. Ou alors c'est le second qui accroche. Après, ça roule tout seul. Le premier c'était Memphis Slim, avec sa mèche blanche en haut du front, pile au milieu, et ses ratiches étincelantes comme les dominos du piano. Natch était là. Y'ug aussi. C'est la seule année où on a été réunis dans une même enceinte. Spirituelle et scolaire. Musicale et politique. Automne 68. L'année d'après Y'ug est parti, il avait son bac. Avec mention, le salopiot. Natch et moi sommes restés. En 1969, j'ai rêvé d'un coin de ciel bleu à Londres, un quart de mètre carré d'herbe verte au bord de Serpentine... Dr Sympathy et Mr Hyde Park. Mais ce n'était qu'un rêve. En 1970, le troisième concert a été le bon, celui qui débloque la situation. Charlie Watts et ses Rolling Stones étaient à Paris pour trois soirs, au Palais des Sports de la Porte de Versailles. Il a fallu se transporter sur place et ça n'a pas été simple. Mais Charlie a été très bon et les deux Mick ont fait le job. Keith ? Transparent ce soir-là, comme sa guitare.
Pendant l'été
¤
Tous les vendredis
+
Live dans la colonne du fermoir
=
MUSIQUE, TOUR, DÉTOUR, DIX CONCERTS