dimanche 25 mars 2012

ÉLÉPHANT (2) : les défenses 

On rattaque donc illico dans le dur avec the hardest button to button qui, en plus de constituer le troisième pilier de l'album, fait basculer l'album dans une veine plus américaine, tant il est évident que les huit premiers morceaux sont gorgés de british sound, sans doute l'enregistrement à Londres y est-il pour beaucoup. Preuve de ce changement de cap, le riff (celui du pont, pas celui de l'attaque) que tout vieux fan du Velvet Underground aura identifié comme le digne rejeton de there she goes again sur "VU & Nico" en 1967. À ce stade de l'écoute, après avoir encaissé ce travail au corps, rythmique à l'estomac et défragmentation des zones du cortex cérébral dépositaires de la fonction auditive, vous avez votre dose, le reste ne saurait être que du bonus. Après une bande annonce de type hollywoodien, on a droit au quatrième pilier, par définition le moins utile, à savoir little acorns. Je n'ai pas tout compris mais ça parle de fille, classique, et d'écureuil, ce qui est nettement plus amusant, le tout sur fond de guitare grunge et tutti quanti. Voilà, le disque pourrait s'arrêter là que personne ne crierait au scandale. Quatre rocks flamboyants qui ne doivent rien à personne, quatre bonnes chansons et une reprise digne de ce nom. Que demande le peuple ? Rien. C'est l'artiste qui paye sa tournée en rajoutant trois morceaux de sa cuvée personnelle. Comme je vous le disais un peu plus haut, avec button le disque a versé total US recall, retour au bercail, mais du bon coté de l'Amérique, car Dieu sait que la patrie de l'oncle Sam n'a pas que des bons cotés. Pour faire rapide et synthétique, # 11 hypnotize est une fantaisie rock, un caprice à la Iggy Pop de la bonne époque entre 1973 et 1983, avant que le kid d'Ann Arbor ne dilapide son énergie en une vaine et narcissique parodie de lui-même, # 12 the air near my fingers revisite le décor baroque du Lou Reed de TRANSFORMER sans en abandonner la verve harmonique, quant à # 13 girl, you have no faith in medicine, c'est une perche tendue aux fans des Stooges de RAW POWER et vous pouvez la saisir sans crainte de vous vautrer dans le plaisir douteux de l'ersatz. C'est du métal doré sur tranche.
ÉLÉPHANT (3) : la queue 

Enfin, comment ne pas dire un mot sur les notes de pochettes ? Trois petits paragraphes fustigeant l'époque et son laisser-aller inquiétant, dangereux, débile ; plus que débile... débilitant ! Un petit manifeste sinon pour l'amour, tout au moins pour l'amoureux, qui identifie Jack White à un véritable artiste, l'égal des plus grands, et non à un simple adepte du Dogme - que dis-je du Dogme - des Tables De La Loi de l'éternel "sex, drugs and rock & roll" qui nous gave depuis longtemps, nous les baby-boomers de la première génération - surtout le "drugs". À la lumière de cette descente en flammes d'un mode de vie mortifère, on comprend mieux pourquoi les tenants d'un certain rock classique tiennent The White Stripes en haute estime. Ils leur savent gré d'un humanisme, d'une culture qui font cruellement défaut à la plupart de leurs concurrents qui se préoccupent avant tout de nous resservir la même recette, de prendre l'oseille et de passer au suivant. Tel Georges Brassens regrettant de n’avoir pas passé le plus clair de ses jours au siècle de François Villon, on imagine le petit pincement au petit cœur de Little Jack White à la tendre évocation des années 70, une époque bénie où les artistes puisaient allégrement dans la ruche des sixties, distillant ces nectars pour hisser leur propre production vers des sommets qu'on n'a plus touchés depuis. Des noms ? À quoi bon ??... Bon d'accord, je vous en donne une poignée et je vais me coucher là-dessus, ça fera comme si je comptais les moutons... fireball, imagination lady, for your pleasure, rock and roll animal, born to run, station to station, never mind the dreadlocks, kill city, squeezing out sparks, get happy... rrrzzzzz... rrzzzz... rzzz...

N.B. vous aurez remarqué que je me suis abstenu de tout commentaire inutile sur cold, cold night et well it's true..., deux petits breaks incluant Meg et Holly (who's that girl ?), des respirations bienvenues qui permettent d'éviter un son trop monolithique.

vendredi 23 mars 2012



~o00o-----//{ ´°`(_)´°` }\\-----o00o~
 
                                      
L’ACCÉLÉRATION                                                                                DU QUOTIDIEN


                      ENVOIE LE RÉEL                                  DANS LE MUR


                                                    DE L'ABSURDITÉ

jeudi 22 mars 2012

Si l’on admet que la naissance de la musique a précédé celle du langage, la question est « Comment parler des notes de musique avec les mots du langage ? »

mercredi 21 mars 2012


dossiers en cours (4)

lundi 19 mars 2012

À droite, en flottant bleu marine, Nicolas le Petit, un homme de décision qui sait dire non. À gauche, en flottant rose bonbon, François le Bienheureux, toujours enclin à dire oui à son prochain. En quelque sorte un remake du bras de fer entre De Gaulle et Pétain*, soixante-dix ans plus tard. L'histoire ne repassant jamais les plats, peut-être en 2012 faudra t-il préférer le Maréchal au Général.
* je parle ici du caractère et du tempérament de ces deux figures de l'histoire de France et non pas des événements et des actes pour lesquels ils sont passés à la postérité

dimanche 18 mars 2012





































John Cale, Angus MacLise, Sterling Morrison, Lou Reed - New York 1965

samedi 17 mars 2012

LES BONS PLANS (3)

Parmi les bons plans certifiés, l'un des meilleurs est de recopier un auteur talentueux :

« Et maintenant ? Que faire ? Je me trouvais sur le perron avec ce chat étranglé entre les mains, il fallait faire quelque chose du chat, le déposer quelque part, le cacher ? Mais je ne savais où. L'enterrer peut-être ? Mais creuser un trou au milieu de la nuit... Le lancer sur la route, pour faire comme si une voiture l'avait écrasé - ou bien dans les buissons, là où était le moineau ? Je réfléchis, le chat était lourd, je n'arrivais pas à me décider, tout était calme ; j'aperçus par hasard une solide ficelle qui reliait un arbuste à son tuteur, un de ces arbustes blanchis à la chaux, je dénouai cette ficelle, j'en fis un nœud coulant, je regardai à la ronde si personne ne voyait ( la maison était endormie, nul n’aurait cru qu'un tel vacarme venait d'y retentir), je me rappelai qu'il y avait un crochet au mur, je ne savais pour quel usage, peut-être pour accrocher du linge, j'y portai le chat, ce n'était pas loin, une vingtaine de pas, je le suspendis à ce crochet. Il pendit là, comme pendaient le moineau et le bout de bois, pour compléter la série »

W.Gombrowicz - Cosmos

vendredi 16 mars 2012

HAS                                                                                                                    ARD





ET





MUTU                                                                                                                ALITÉ

mercredi 14 mars 2012

SAMUEL LE MAGNIFIQUE

La légende veut que l’auteur essuya une quarantaine de refus d'éditeurs anglo-saxons pour Murphy, avant de se voir signifier la même réponse en 1938 par Raymond Queneau aux éditions Gallimard, au motif que "son anglais ésotérique reviendrait trop cher à traduire". Pour surmonter ce handicap, Beckett traduit alors lui-même le texte et signe chez Bordas en juin 1946. Mais l'ouvrage connait un échec cinglant, la critique est inexistante, les ventes désastreuses - 95 exemplaires vendus. Bordas rompt le contrat en 1950, et refuse d'éditer les trois volets constitués par Molloy, Malone meurt et L'Innommable, rédigés entre 1947 et 1949. Grâce à Robert Carlier, Molloy arrive entre les mains de Jérôme Lindon, qui dévore le texte en une nuit. La semaine suivante, Beckett signe chez Minuit, qui rachète le stock des invendus de Murphy et les revêt d'une nouvelle couverture. En 1951, le jour se lève sur le travail ahurissant de Samuel Barclay Beckett.

mardi 13 mars 2012


15 ans d’insouciance

                               15 ans d'inconscience

                                                                15 ans de maturation

                                                                                               15 ans de capitalisation
And I guess

                                 I just don't know

                                                                       And I guess

                                                                                                          I just don't know

lundi 12 mars 2012
















Maison blanche, 2005

samedi 10 mars 2012

LES BONS PLANS (2)

Parmi les plans identifiés comme bons, celui de s'attacher aux tâches les plus futiles :
- s'assurer qu'il y a de la poussière sous les tapis
- faire contre bonne fortune mauvaise foi
- lutter contre la fuite de souvenir

jeudi 8 mars 2012


prendre un remord                                                                                      par la queue



pour taper



sur la gueule                                                                                                d'un regret

mercredi 7 mars 2012


B                                                                                                                             O



N



N                                                                                                                             E





I                                                                                                                              D



É



E                                                                                                                                                                       !

Bonne+Id+e/5ha3r?src=5

mardi 6 mars 2012

LES BONS PLANS (1)

Le bon plan c'est de vendre quelque chose que vous n'avez pas acheté, voire même qui ne vous appartient pas. Je mets donc en vente :
- une paire de skis HEAD MONSTER IM 75 INTELLIGENCE 170 cm
- un fusil de chasse HATSAN DIANA BOIS COMBO
- un costume lin aloès MENDEL T.46
S'adresser au journal.

lundi 5 mars 2012

dimanche 4 mars 2012

Des perspectives ?
 > tout est remis à plat
Et l'appétit ?
 > le pain blanc est mangé
Et l'ivresse ?
 > le vin triste
Rien d'autre ?
 > les fondamentaux
C'est à dire ?
 > l'opium du peuple
Mais encore ?
 > la chair et le sang

vendredi 2 mars 2012

                                                      Lou, 70 ans























                                                                                                       et quelques Reed

jeudi 1 mars 2012

Qu'est-ce qui te dégoûte ?
 > la tête de veau
Et encore ?
 > la haute couture
C'est tout ?
 > pour aujourd’oui

mercredi 29 février 2012

SUPERGUY a 64 ans...
























  











  
mais ce n'est que son 16ème anniversaire !

mardi 28 février 2012

DERNIÈRE HEURE

Un des postulants à la magistrature suprême s'est ému de la situation du Fermoir : un emploi à quart de temps menacé, un déficit cumulé de plus de 40 euros, un marché captif de 743 pages vues par mois sur le dernier trimestre - dont 30% hors de France - en danger, etc. Il s'engage donc à convaincre un mécène russe d’insuffler 150 euros dans le Fermoir avant le 30 juin 2012 afin de le remettre dans le sens de la marche et de rassurer le lectorat. Dans ces conditions, le gratte-papier en chef a obtenu du pigiste qu'il reprenne le travail après versement d'une prime exceptionnelle de 23 euros et l'attribution de cinq tickets restaurant par année civile. Celui-ci s'est engagé à rédiger 30 articles du 1er mars au 30 avril 2012. En contrepartie, la direction a du abandonner son droit de regard sur sa production. Merci de votre indulgence en ces temps difficiles.

LA DIRECTION

mercredi 22 février 2012


COMMUNIQUÉ

LE FERMOIR INFORME SES LECTEURS QU'UN CONFLIT INTERNE OPPOSE DEPUIS PLUSIEURS JOURS LE GRATTE PAPIER EN CHEF AU PIGISTE. ESTIMANT QUE SES CONDITIONS DE TRAVAIL NE SONT PAS CONFORMES A LA RÉGLEMENTATION EN VIGUEUR, CE DERNIER A FAIT APPEL AU SYNDICAT DES PETITS MÉTIERS DE LA PRESSE. LA PARUTION EST SUSPENDUE SINE DIE. MERCI DE VOTRE COMPRÉHENSION.

LA DIRECTION

mardi 21 février 2012

L'oncle Fernand. Un homme de taille moyenne, assez corpulent, avec des lunettes rondes à monture fine, une moustache et une bande de cheveux blancs entourant une calvitie sommitale. Il portait une veste d'intérieur grise avec une ceinture bordeaux. Avec mon cousin nous lui rendions visite depuis chez nos grands-parents qui habitaient à quelques rues de là. L'appartement était au deuxième étage. C'était une surenchère dans l’obscur, dans l'à peine visible, un voyage au bout de l’absence de lux. Ayant gravi les marches d'un escalier frais aux senteurs de cave, nous débouchions sur un palier idéal pour jouer à cache-cache les yeux ouverts. Après que l'un ou l'autre de nos juvéniles index eût poussé le bouton de la sonnette, l'oncle nous faisait entrer dans un vestibule crépusculaire. De là nous passions dans la cuisine, pas plus éclairée qu'une mansarde, et quelquefois dans la salle à manger où il faisait carrément nuit noire. La tante Blanche était là aussi. Je ne me souviens pas de son visage, mais ses cheveux étaient blancs. De quelle source lumineuse sa coiffure capturait-elle le rayonnement ? Impossible de le dire. Seconde trace lumineuse dans ce palais de l’ombre, les petites figurines qu'onc' Fernand disposait sur le rebord de la fenêtre de la cuisine, qui donnait sur la cour intérieure de l'immeuble. C'étaient de petits animaux en plastique couleur ivoire que l'on trouvait dans les paquets de café. Avant de repartir, il nous donnait à chacun un billet de 500 francs, des Victor Hugo qu'on s'empressait de démonétiser aux Nouvelles Galeries contre un jeu ou un sac de billes. Puis retour rue du Général L., juste en face de la statue de Jeanne d'Arc à pied, en attendant la prochaine visite à l'oncle à la voix douce et à la tante aux cheveux blancs.

dimanche 19 février 2012












Fente à lettres glory hole for letters

samedi 18 février 2012

Oh help me, please doctor, I'm damaged
There's a pain where there once was a heart
It's sleepin, it's a beatin'
Can't ya please tear it out, and preserve it
Right there in that jar ?

Oh help me, please mama, I'm sick'ning
It's today that's the day of the plunge
Oh the gal I'm to marry
Is a bow-legged sow
I've been soakin' up drink like a sponge

"Don't ya worry, get dressed", cried my mother
As she plied me with bourbon so sour
Pull your socks up, put your suit on
Comb your long hair down
For you will be wed in the hour


So help me, please doctor, I'm damaged
There's a pain where there once was a heart
I'm sleepin, it's a beatin'
Can't ya please take it out, and preserve it
Right there in that jar ?

Oh help me, please doctor, I'm damaged
There's a pain where there once was a heart
It's sleepin, it's a beatin'
Can't ya please tear it out, and preserve it
Right there in that jar ?

I was tremblin', as I put on my jacket
It had creases as sharp as a knife
I put the ring in my pocket
But there was a note
And my heart it jumped into my mouth

It read, "Darlin', I'm sorry to hurt you
But I have no courage to speak to your face
But I'm down in Virginia with your cousin Lou
There be no wedding today"


So help me, please doctor, I'm damaged
You can put back my heart in its hole
Oh mama, I'm cryin'
Tears of relief
And my pulse is now under control

vendredi 17 février 2012

Je le voyais venir gros comme une amabilité de Mélenchon. Voilà que l'affectif débarque dans le petit jardin de ma conscience politique. Non seulement cette bonne vieille bipolarisation que je fuyais comme la peste depuis 5 ans m'a mis le marché en main, mais des sentiments d'ordre privé se sont invités à mon buffet de campagne, rebattant les cartes d'un jeu déjà compliqué. Deux amis très proches, bien que géographiquement éloignés, se sont introduits à mon insu - et au leur - dans la palette des nombreux candidats soumis à nos suffrages. Dans les mimiques et la physionomie de François Hollande, je retrouve des expressions saisissantes de vérité de mon ami du Sud. Un ton bon enfant, une gravité teintée d'ironie non feinte, là est toute la différence. Cet œil en coin qui passe si vite de la circonspection au sourire radieux est une faculté assez peu répandue pour être remarquée. En ce qui concerne Henri Guaino, ce fut plus long à se dessiner. Mais ce regard direct, un peu perché et introspectif, dénué de bassesse, au point de s'apparenter parfois à de la bienveillance, cette clarté et cette concision dans le propos me font penser à mon ami du Nord. Cet homme - H.Guaino - reste un vrai mystère à mes yeux. Il est l'incarnation d'un certain nombre de qualités qui sont antinomiques de son appartenance au camp du candidat président. Sa rhétorique et son attitude le placent à l'évidence - ou alors c'est moi qui suis à l'Ouest - aux antipodes de l'UMP. Que fait-il dans cette galère ? Quelle circonvolution de son cerveau l'a guidé vers ce parti, alors que tout indique par ailleurs qu'il n'en est pas. Sans aucun doute, la réponse est dans son statut de conseiller spécial et de plume de Sarkozy. Le fou du roi en quelque sorte. Mais cela ne résout pas mon problème. Comment échapper à la polarisation et à l'affectivité dans la politique ? Si vous avez des idées, le Fermoir est ouvert à toutes vos propositions.

jeudi 16 février 2012

BRUITS DE LA CAMPAGNE

Hervé Morin et Christine Boutin jettent l'éponge et l'avorton de leur narcissisme politique avec l'eau du bain et font l'offrande au candidat président de leurs 0 % d'intentions de vote. C'est beau.
I'M STICKING                                                                                                                                      WITH YOU



CAUSE


I'M MADE                                                                                                                                      OUT OF GLUE


...


ANYTHING                                                                                                                                          THAT YOU


MIGHT DO

 

I'M GONNA                                                                                                                                             DO TOO

mercredi 15 février 2012

Votre feuilleton NAPOLÉON EN HAILLONS - en l’occurrence, c'est plutôt mon feuilleton, mais l'emploi du possessif "votre" est toujours avantageux pour l'auteur, puisqu'il sous-entend que vous vous l'êtes approprié, ce qui est absurde puisqu'un projet artistique quel qu'il soit n'a de lien, de sa gestation jusqu'à son achèvement, qu'avec son géniteur - bref, NAPOL' HAILLON reviendra - s'il revient, car allez savoir avec les personnages de fiction, ils prennent vite conscience de leur autonomie, et ils la revendiquent volontiers les petits salopiots, si leur nègre de père n'y prête attention - reviendra donc après les élections "P" et avant les élections "L", c'est à dire à la mi-mai. Tout ça est un peu compliqué, mais pourquoi faire clair quand on peut faire confus ?

mardi 14 février 2012




Le grand blanc

lundi 13 février 2012

sauver ce qui peut être sauvé... quelquefois... oui... bien sûr... mais pas toujours... non... dilapider ce qui peut être dilapidé... oui... avant qu'il n'y ait plus rien... à dilapider... non ?

dimanche 12 février 2012

GOS                                                                                                                    PEL




WITH




NO                                                                                                                    LORD

http://grooveshark.com/s/
Shine+A+Light/1QnzqD?src=5

samedi 11 février 2012

Liste de choses faites si contrôle BAO * :

- bois de chauffage, cheminée
- animaux domestiques
- vétérinaire, incinération
- animaux sauvages
- gestion des miettes
- banques, assurances
- vaisselle, aspirateur
- petites courses
- entretien voiture
- enfants (intendance)
- parents (valeurs)
- gestion du patrimoine
- dissuasion passive
- présence physique
- réponse téléphone
- vente rock au détail
- petits déménagements
- déplacement d'urgence
- prévisions à court terme
- planification impondérables

* Brigade Anti-Oisiveté  

vendredi 10 février 2012

NAPOLÉON EN HAILLONS (9)

Nous quittons le squat à l'heure pensée, mais non dite. Le temps est clair, l'air léger. Comme à son habitude, Torgnole est devant, en éclaireur. À intervalles réguliers, il s'arrête et me regarde, la langue pendante. Si je fais un geste, il rapplique en agitant la queue, rameutant un virtuel troupeau. Puis il se range à ma gauche et avance à mon pas, jusqu'à ce qu'un stimulus anodin ne l'attire à nouveau 20 ou 30 mètres plus loin. Sous les ponts du périphérique, l'écho du trafic est feutré. Pas de frustration méchante, pas de révolution qui s'arme. Deux kilomètres plus loin, le canal est pris en sandwich entre la gare de triage à gauche et la RN 3 à droite. Un train trainasse et passe le pont vers Noisy. Bruyant, il ne l'est pas. Aucune stridence, même à l'accroissement de couple. La journée sera belle. Après le parc de Bobigny, l'Ourcq outrepasse le nœud routier formé par les autoroutes A 3 et A 86. Un chaos vertigineux de verticales et d'obliques en béton de près d'un kilomètre de long. Pourquoi faire sobre quand sourd la tentation de la démesure ? Tout est possible dans ce carrefour. Avec la RN 3 et les axes adjacents de Noisy et Bondy, la liberté laissée à l'automobiliste est immense. Dans les années 70, au volant de la 204 Beaujolais de ma mère, je me souviens avoir mis très longtemps pour appréhender ces données statistiques avant de trancher dans le vif - et dans le 93 - en adoptant définitivement le mode pédestre. À l'entrée de Pavillons sous-Bois, le canal coude à gauche et file droit sur trois kilomètres. Après un passage sous la voie ferrée, il coude à droite et reprend le cap Est Nord-Est. L'écluse de Sevran se trouve 500 mètres plus loin. Torgnole la connait bien car il est né tout près de là. J'arrive à portée de voix mais je sais qu'il ne bougera pas. Son flair l'a guidé vers le regard de la vanne Nord où il a ses habitudes. Arrivé au bord de l'ouvrage maçonné, j'aperçois son dos broussailleux et ses pattes arrière, deux mètres en contrebas. Sa tête est masquée par le volant de manœuvre. Sa queue caresse le sol moussu et la pierre adoucie, tendre boyau de son enfance. Midi n'est pas loin car l'âcreté monte dans mes sinus. Je pose sac et squelette sur le sol. Sûr qu'ils n'iront pas plus bas.

jeudi 9 février 2012

mercredi 8 février 2012

  
      Droopy Owen Goldman                                                                                               le 19.01.2012
      24 rue Kupferberg
      21120 Tarsul
                                                                                                                                                 
                                                                                                         HAER - Haute Autorité des 
                                                                                                                          Espèces et des Races 
                                                                                                    Rond-Point des Anglais                                                                                                   75975 Paris Cedex 19

         objet : demande de reclassement


         Monsieur,

      Je vous adresse cette demande de reclassement en raison des désagréments grandissants liés à mon 
      espèce de naissance. Ayant été de midi de la naissance jusqu'à 5 ans et du matin pendant 45 ans, je
      suis à présent du soir et cela ne manque pas de m'inquiéter, car le quotidien s'accélère dans une telle
      mesure que la question se pose de savoir ce qui va succéder à la nuit. Après en avoir longuement
      débattu avec mon chien, j'ai l'honneur de solliciter ma radiation de la catégorie 7 - HUMANOÏDES
      et mon reversement dans la catégorie 13 - CANIDÉS de la Classification des Races de 1949.

      Ci-dessous une liste des autres familles auxquelles j'accepterais également d'être rattaché :
         16 - FÉLIDÉS
         64 - PASSEREAUX
         79 - REPTILES DÉCIMÉTRIQUES

      Dans l'attente d'une réponse motivée de votre respectable institution, je reste à votre disposition pour
      produire toute pièce justificative ou témoignage à l'appui de ma demande.

                Bien à vous,                                                                             
                                                                                                                           D.O.Goldman
      
 
 

mardi 7 février 2012

© Chaval

lundi 6 février 2012

NOW I                                                                                                                I WA





NA





BE A                                                                                                                  DOG

dimanche 5 février 2012

NAPOLÉON EN HAILLONS (8)

Je dois me préparer pour cette sortie à durée déterminée. Départ lundi 5 mai vers 9h, retour sur le quai au plus tard le samedi 10 mai avant la nuit. Si je reste attaché aux jours et aux heures, et d'une façon plus générale à l'organisation du temps, ce n'est ni une posture postmoderne, ni un combat d'arrière-garde. C'est la manifestation réflexe de mon conditionnement au temps. Nous sommes tous ses sujets, mais certains en ressentent les effets avec plus d'acuité. Enfant, j'avais une perception colorée des sept jours de la semaine, comparable à celle des voyelles de Rimbaud. À l'adolescence, ma notion d'emploi du temps a dévié de celle enseignée dans les collèges. Chaque unité de temps a été orientée vers un petit laboratoire dans lequel sa structure lénifiante était mise au ban d'essai d'un doute absurde et intransigeant. Je cherchais matière à simplification, voire à abstraction. La poésie des nombres premiers a alors investi ma cervelle encore fragile. Les 25 premiers inférieurs à 100, puis les 168 inférieurs à 1000. Les premiers équilibrés, égaux à la moyenne arithmétique des nombres premiers les plus proches au-dessus et en dessous. Les premiers de Stern, ceux qui ne sont pas la somme d'un nombre premier plus petit et de deux fois le carré d'un entier non-nul. Les premiers tronquables à droite, dont le plus grand 73 939 133, les premiers tronquables à gauche, dont le plus grand 357 686 312 646 216 567 629 137. Et pour redescendre sur terre, le nombre premier de Genocchi, le 17, ainsi que l'unique nombre premier pair, en l’occurrence un chiffre, le 2. Si je peux vous parler de ces objets c'est parce qu'ils sont couchés dans mon carnet vert, car ils ont depuis longtemps quitté le refuge de ma mémoire. En 1970, avec Natch nous avions écrit une parodie de Gloria, la chanson des THEM, dans laquelle au lieu d'épeler les 6 lettres du prénom comme le fait Van Morrison dans le refrain, nous énumérions les 24 chiffres du PGPTD*. Pendant une vingtaine d'années, j'ai assez bien mémorisé ce nombre. Et il s'est envolé. Mais revenons ici et maintenant. Demain dimanche, repos et logistique. Lundi matin, ce sera "Canal nous voilà". Nous serons deux. Torgnole ne sera pas de trop.

* Plus Grand Premier Tronquable à Droite  

samedi 4 février 2012

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...  . . .. . .  . . .. . .  . .. ... . . .
UN STATU COI VAUT MIEUX
QU' UN COMBAT DOUTEUX
. . .  .. ..   .  .. .  .. . . . . .  .. ..
--- -  - - -- - - ---- -- ---- - -- --- ---

  




















                 Tiens toi à carreau

vendredi 3 février 2012




















Les petits papiers

jeudi 2 février 2012
























                        Cool Cat

mercredi 1 février 2012

Février


Un mois qui suit celui qui l’a précédé ne peut
pas être mauvais, et j’entends bien m’assurer
que ce sera le cas, c’est à dire qu’il sera bon,
ou si vous préférez, que ce ne sera pas le cas
d’un mois mauvais. De toutes façons, ce cas
- que j’accompagne de mes vœux - échéant
ou pas, ce mois sera - bon ou mauvais - mais
il sera, le problème étant que, suivant le cas,
je serai ou ne serai pas en mesure de pouvoir
contrôler sa qualité. Car comment juger de
la qualité d’un mois qui en serait dépourvu ?
Le seul moyen de surveiller son évolution
reste donc de se situer dans le cas où ce cas
échoit, car là vous avez le choix de donner
suite ou non à votre entreprise, parce qu’é
-videmment s’il n’échoit pas, qu’en serait-il
de la possibilité d’une tournure favorable
que pourraient prendre les évènements, alors
que l’hypothèse même de leur survenance
serait - par la force du postulat - caduque ?