remettre
samedi 22 décembre 2012
mercredi 19 décembre 2012
Dans
les casernes
françaises en 1970, le monde kaki était à l'image de la géopolitique de cette époque. En lieu et place du Bloc de l'Est et de l’Alliance Atlantique
s’affrontant sous le regard des Non Alignés, trois sous-groupes
humains coexistaient pacifiquement, les Appelés, les Crevures et les
Rampouilles.
À savoir les appelés du contingent, les militaires de carrière et ceux
qui avaient rempilé à la
fin de leur service national. Comme Georges Wolinski faisant
amende honorable pour avoir jadis mal traité le Grand Charles, je regrette un peu cette appellation désobligeante et légèrement injurieuse de
crevure. Rampouille, par contre, c'était mignon. Dommage que ça n'existe plus. ~)(~
mardi 18 décembre 2012
lundi 17 décembre 2012
FRAGMENTS D'UN MANIFESTE CANIN (7)
Entre chiens, on se comprend. Certains parlent le dogwap - l'équivalent de l’espéranto chez les humains - d'autres uniquement leur dialecte racial ou ethnique, d'autres encore parlent certaines langues humaines en plus de tous les systèmes que je viens de citer. Par contre, en ce qui concerne la liberté d'expression accordée aux chiens, la situation est critique, voire paradoxale. Alors que la population canine mondiale (environ 4.750 millions au 1er janvier 2010) est égale à 67% de la population humaine, elle est maintenue dans un état de domesticité et de rusticité révoltantes. Très peu de chiens ont accès aux médias et une infime proportion de ceux-ci peuvent s'exprimer par le biais de la littérature, de la musique ou des arts graphiques. Quand je dis une infime proportion, je devrais dire aucun. Je connais personnellement des artistes canins et je les lis, les écoute ou les admire, mais c'est dans l'anonymat et la clandestinité que la société leur octroie. Conséquemment, comme dirait Sam Cutler recadrant les Hells Angels à Altamont, je me console avec les artistes humains non anthropocentrés, qui sont très peu nombreux et, de par la nature même de leur engagement, très peu médiatisés.
« On nous a tant dit que nous étions exceptionnels ! Centre du monde, enfants de Dieu, conscience du tout, sel de la terre, intelligence, êtres parlants, esprit des sciences, vecteur du progrès. Notre existence fut si fêtée par tant de mythes, de religions, de philosophies, de discours complaisants qu'on ne comprend plus nos échecs, nos bassesses, nos guerres interminables et nos boues sans nombre (...) Observez lucidement cette espèce absurde et violente. Regardez en face son absence de justification, son existence éphémère et insensée. Exercez-vous à endurer cette idée que l'humanité n'a fondamentalement ni raison d'être, ni avenir. Cela devrait contribuer à vous rendre serein » © Roger-Pol Droit, 101 expériences de philosophie quotidienne - Éditions O. Jacob 2001
samedi 15 décembre 2012
jeudi 13 décembre 2012
William Seward Burroughs [ II ] eut une vie bien remplie. Incorrigible junkie, parangon du dandysme en oripeaux, maculant méticuleusement de son encre violette le duvet de la bannière étoilée, il lui fallut en outre à partir de 1965 assumer son statut de parrain de la beat generation, alors qu'il avait passé la cinquantaine. En 1979 à Bruxelles, il éconduit un Ian Curtis énamouré venu lui demander un livre griffé de sa main ou quelques mots de sa bouche de parchemin, voire les deux si affinités. Mais il a fait bien pire, ou beaucoup mieux, tout dépend de quel coté du miroir on se place. En 1951, il expérimente avec sa femme un jeu de société consistant à placer une petite bouteille d'eau sur la tête de celle-ci et à la détruire - la bouteille - avec une arme à feu. Parmi son arsenal, il choisit une arme légère et fusille Joan Vollmer à bout portant. Sans doute une mauvaise interprétation de l'histoire de Guillaume Tell, à moins que ce ne soit tout simplement un défaut d'entretien du pétard. Son fils William Seward Burroughs [ III ] eut une vie du même type, mais beaucoup plus courte. ~)(~
mercredi 12 décembre 2012
mardi 11 décembre 2012
Quelque part dans la campagne. Il fait beau. Devant moi un petit groupe avec un homme qui dépasse. Je m'approche. C'est le général de Gaulle. Il a l'air sonné, un filet de sang sort d'une de ses narines. Il parle avec difficulté, on dirait que sa langue est touchée. Je ne comprends pas le sens de ses paroles. Les personnes présentes l'entourent, essayant de lui prodiguer des soins. Il se dégage et s'éloigne en marchant droit devant lui. Nous le suivons pour voir si tout va bien, tout en nous maintenant à distance. Il est en tenue militaire, tête nue. On entend les bribes d'un monologue. On dirait qu'il se harangue lui-même, pour ne pas s’écrouler. Peu à peu, son pas accélère. Le ton s'est raffermi. J'entends distinctement les mots qui ponctuent les débuts de phrases : Ainsi... D'abord... Ensuite... Nous sommes toujours sur des chemins de champs, des versants de vignes, en légère déclivité. Enfin, le chemin arrive quelque part. Une pancarte indique "rue Freysse". Le général descend la rue à main gauche. Soudain il s'arrête. Il est là, immense et immobile. J'avance jusqu'à sa hauteur. Vous avez besoin de quelque chose, mon général ? Il me remarque à peine, son regard planté sur quelque horizon que je ne perçois pas. Oui, il me faut une table, un stylo et du papier. Je le guide jusqu'à la porte d'un jardin au fond duquel se trouve une petite maison. Il s'engage dans l'allée. Je le vois frapper à la porte et entrer dans la maison. Je descends la rue Freysse jusqu'à une avenue bordée de platanes. Derrière, des pavillons et des immeubles bas. C'est la ville. Je me retourne. Devant la porte du jardin, chacun attend de voir.
lundi 10 décembre 2012
The picture of Barry Godber
Le jeudi 3 juillet 1969 Brian Jones est
retrouvé mort dans la piscine de sa maison d'H artfield, dans la campagne
anglai se du Sussex au sud de Londres. Le concert prévu depuis un mois pour présenter
Mi ck Taylor, le nou veau guitariste, blond lui aussi mais légèrement frisé, aussi effacé que Brian Jones était voyant, a lieu comme prévu le samedi 5
juillet à Hyde Park et se transforme en une gigantesque cérémonie païenne à la
mémoire du musicien disparu. Dans le ciel, le
soleil est au rendez-vous, et sur scène les percussionnistes africains
pilonnent Sympathy for the devil, au risque de lui faire subir le syndrome du bébé secoué. Mais Lucifer tient le choc devant les cinq cent mille âmes rassemblées sur l'herbe rase qui surplombe gentiment la Serpentine. Les Rolling Stones ont le monopole absolu. 540.693 yeux marrons et 459.307 yeux clairs ( David Bowie est dans le public ) sont dardés sur la scène. Personne ou presque n'a remarqué le passage de King Crimson, le groupe fraîchement assemblé par
Robert Fripp, qui a assuré avec Family et Screw la première partie du spectacle en jouant quelques morceaux de "In the Court of the Crimson King", leur disque en cours
d'enregistrement dans les Wessex Sound Studios tout proches, une demi-heure à peine par Sussex Gardens, Park Crescent et King's Cross jusqu'à Highbury
Corner. Ce n'est qu'en octobre que fleurira dans les bacs la
célèbre pochette ornée du tableau peint par Barry Godber. Ce très jeune artiste mourra quelques mois plus tard. Ce fut son unique
tableau, mais qui acquerra par la suite le statut d'icône du rock, comparable
toutes proportions gardées à celui de la photo de Che Guevara prise par Alberto
Korda en 1960. Robert Fripp a dit à propos du tableau : « The face on the outside is the
Schizoid Man, and on the inside it's the Crimson King. If you cover the smiling face, the eyes reveal an incredible sadness. What can one add ? It reflects the
music ». Le visage sur la couverture représente l'Homme Schizoïde, et à
l'intérieur c'est le Roi Cramoisi. L'observation du visage souriant révèle une
incroyable tristesse dans les yeux. Que dire de plus ? C'est le reflet de la
musique.
vendredi 7 décembre 2012
jeudi 6 décembre 2012
HELL'S HUNTERS
On a clear december day
the Altamont speedway was
buzzing with thousands freaks
but
the december's children's
hope
for happiness turned into
a
pocketful of monster shells
Hells
angels bikes growlin'
while
the Jefferson Airplane
crashes
before reaching
the
other side of this life
somewhere
in the crowd
some
dogs smell fresh meat
Fat angels stuck in speed
and bourbon and beer
drunk angels hunting
beauty like beasts
they are blood suckers
they are Meredith hunters
Through
the blue misty night
Mick
Angelic tryin' to cool out
his
brothers and sisters
but
just as head is tail
they see no Lucifer in him but
an arsonist in a fireman's dress
Who's
fighting and what for ?
we
don't want to fight, come on !
and
what can the poor boys do
but
scream in a rock 'n roll band
'cause
under the californian sun
there's no place for street fight
there's no place for street fight
Fat angels stuck in speed
and bourbon and beer
drunk angels hunting
beauty like beasts
they are blood suckersthey are Meredith hunters
LES CHASSEURS
Par un beau jour de décembre
le circuit d'Altamont vibrait
de milliers de freaks mais la soif
de bonheur des enfants de décembre
se transforma en une poche pleine
de coquillages monstrueux
Les motos des hells angels grondent
pendant que le Jefferson Airplane
se crashe avant d'atteindre
l'autre coté de cette vie
quelque part dans la foule
des chiens flairent la chair fraîche
Des anges pleins de speed
de bourbon
et de bière
des anges
bourrés traquant
la beauté
comme des bêtes
des suceurs
de sang
des
chasseurs de Meredith
Dans la nuit bleue de brume
Mick Angélique essaie de calmer
ses frères et ses sœurs mais c'est
un serpent qui se mord la queue
personne ne voit Lucifer en lui
mais un pompier pyromane
Qui se bat et pourquoi ?
on ne veut pas se battre, allez !
et que peuvent bien faire les paumés
à part gueuler dans un groupe de rock
car sous le soleil de Californie il n'y a
pas de place pour le combat de rue
Des anges pleins de speed
de bourbon
et de bière
des anges
bourrés traquant
la beauté
comme des bêtes
des suceurs
de sang
des
chasseurs de Meredith
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