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mardi 7 octobre 2014



















trademark
of equality

lundi 14 juillet 2014

THE MAGNIFICENT FOUR (4)

j'ai fini mon petit pensum (45 lignes)... mais le pensum des uns fait le bonheur des autres, ainsi vont les mots... comme la gare de perpignan est le centre du monde dalinien, la pochette d'abbey road est le centre du mien... tout finit là, et conséquemment, comme le réel a horreur du vide, tout recommence là... les morts peu naturelles de Brian Jones, de Jimi Hendrix ou de Jim Morrison n'ont rien changé, si ce n'est en mal... des échecs, des bad trips, des aveux d'impuissance qui ont alimenté cette désastreuse imagerie du sex, drugs and rock&roll dont on se bat les testicools... on est bien d'accord, l'essence du rock est musicale, le reste c'est quatre bigoudis sur la tête de la bigouden... retour à abbey road, la tour de babel du rock, le lieu du haut duquel on voit tout, les quinze ans d'avant et les quarante-cinq d'après... c'est la mer rouge qui se referme, les alpes qui se soulèvent, la météorite qui fait naître les dinosaures des années 70... je vois tout ça et plus encore sur le cinquième des six clichés pris par Iain Macmillan en cette belle journée du 8 août 1969... 11h du matin, il installe son grand escabeau au milieu de la rue... 13h, l'image est dans la boîte... fin septembre, l'album est dans les bacs, comme on disait alors... en 2069, pour le centenaire, la famille royale traversera, mais de droite à gauche...

lundi 7 juillet 2014

THE MAGNIFICENT FOUR (3)

l'élément de preuve massive que j'ai sous le coude est pictural... la preuve par l'image... abbey road, le LP... là est la clé, c'est le dernier album, avec ce finale qui n'en finit pas, golden slumbers / carry that weight / the end / her majesty... regardez attentivement la photo... quatre garçons dans le bleu traversent sur le blanc... john est devant, tout en blanc, suivent ringo, paul et george, tout en bleu, qui ferme la marche... john est parti le premier, personne ne me contredira sur ce point, george le deuxième, vingt ans plus tard... le lien entre les deux guitaristes se fait par un arc de cercle de john vers george par le bas... vous me suivez... comment ce cercle peut-il ensuite se poursuivre autrement que par un second arc de cercle de la tête de george vers le ciel ?... et comment cet arc pourrait-il ne pas toucher la tête de ringo avant de finir sa volute par un troisième et dernier segment qui va des boots de ringo aux pieds nus de paul ?... ces trois vecteurs forment un petit vortex qui désigne paul comme le centre - et la fin - du parcours terrestre des fab four... voilà, c'est tout, je n'ai rien à ajouter... faites-moi part de vos remarques et de toute autre interprétation de la photo en question... ou d'une prédiction différente... pour en finir, le 14 juillet, je vous dirai en quoi cette image est devenue au fil des ans mon mystic eye...

lundi 30 juin 2014

THE MAGNIFICENT FOUR (2)

ma formule, ma démonstration, ma théorie, appelons-la comme vous voulez, n'est pas compliquée... elle repose sur le fait que les beatles sont le groupe de la cohérence et non de l'absurde, de l'ordre et non du désordre, de la révolution - au sens de tourner autour - et non du chaos... on pourrait en discuter à l'infini, cela ne servirait à rien... admettez donc que cette hypothèse est valide et je peux vous exposer mon calcul... partons de l'ordre alphabétique dont je vous parlais précédemment... george est le premier, mais il est mort en deuxième... c'est john qui est mort le premier, assassiné... très bien me direz-vous, mais nous savons tout cela... oui, chaque music lover sait cela, mais qu'en déduit-il ? rien... et c'est à ce stade que j'interviens... j'extrapole le décès n°3 et le décès n°4 en affirmant que ringo sera le prochain à passer de l'autre côté du miroir et donc que paul sera le dernier beatle vivant... pourquoi ? parce qu'il y a eu inversion accidentelle dans l'ordre des deux premiers décès et que l'équilibre rompu dans la balance du destin par l'assassinat de john ne se rétablira pas pour paul et ringo... et le dernier jour de paul verra le dernier trou remplir the albert hall.. tout ceci vous paraît un peu fumeux ?.. libre à vous, mais j'apporterai le 7 juillet un élément de poids qui corrobore cette construction mentale.

lundi 23 juin 2014

THE MAGNIFICENT FOUR (1)

l'autre jour, je pensais... ça m'arrive... ou plutôt je réfléchissais... c'est plus rare... quand on observe les noms des fab four - en se tenant à leur état civil - et qu'on les met dans l'ordre alphabétique, on obtient : harrison, lennon, mccartney, starkey... soit dit en pas- sant, deux noms qui finissent en "on" et deux qui finissent en "ey"... passons... si on met maintenant leurs prénoms dans l'ordre alphabétique, on obtient : george, john, paul, richard... première remarque : l'ordre est le même, ce qui n'est pas banal sur une série de quatre individus... deuxième remarque : si l'on utilise les noms d'artistes au lieu des noms civils, ça ne change rien, puisque ringo starr donne le même résultat que richard starkey... où veux-je en venir, vous demandez-vous ?... en fait je veux aller, et non pas venir... alors allons-y : je voudrais savoir qui sera le dernier beatle vivant... pourquoi ? je ne sais pas, c'est comme ça... pour m'y préparer, pour m'occuper l’esprit, pour me prouver que je peux arriver à prévoir quelque chose... étant donné aussi bien entendu que je ne suis pas sûr d'assister à cette survivance (je parle du dernier beatle) sachant que je ne suis pas maître de la mienne... ça va de soi, mais il faut bien partir d'un postulat... lundi 30, je vous dirai la théorie, théorie est un grand mot, disons la formule de calcul que j'ai élaborée en ce sens.

vendredi 21 février 2014



pepper back writers / 1967                                     photo © Tony Gale / Pictorial Press

vendredi 8 novembre 2013

CHRONIQUE D'UN PAUL MAGNÉTIQUE (5)

Quant à Don't stop, il s'agit d'un retour sur terre, dans la bonne tradition du chaud et froid, car après l'apesanteur de Universal, il nous fallait bien retrouver le plancher des vaches. Drôle de chanson qui commence comme un standard, ou une comptine, ou la reprise d'un titre familier. Au seuil des quatre minutes apparaît un clavecin, puis à 5'55'' à l'afficheur, plus rien. Le silence tel qu'en lui-même, sombre et entêtant comme un rêve absurde qui tourne en boucle dans la semi-conscience du petit matin. Terminé ? Non. Deux minutes plus tard, la musique renaît de ses cendres en un décalage harmonique, un bizarre glissement, une translation aléatoire de... allez je lâche le morceau... SING THIS ALL TOGETHER (SEE WHAT HAPPENS), la reprise controversée qui clôt la première face de THEIR SATANIC MAJESTIES. Débrouillez-vous avec ça, je n'en dirai pas plus, je ne tiens pas à finir dans une cave devant un tribunal populaire, comme Peter Lorre dans M le Maudit. Bye, bye, à bientôt... QUOI ENCORE ?? J'ai oublié les deux premiers titres du CD, Nothing too much et Two magpies ? Mais, chers amis mélomanes, Nothing est un clone de Helter Skelter et Magpies un de Blackbird et en l'état actuel de l'Éthique Artistique Internationale [ A.I.E = ARTISTIC  INTERNATIONAL  ETHICS ], le clonage musical reste un sujet tabou.

jeudi 7 novembre 2013

CHRONIQUE D'UN PAUL MAGNÉTIQUE (4)

Il reste deux morceaux. C'est bientôt la fin du voyage. Mais Universal here, everlasting now n'est pas une chanson et Don't stop running est tronquée. Difficile d'en parler. Mais vous avez raison, c'est moi qui ai commencé, il faut donc en finir. Universal... un piano joue, un chien aboie... des oiseaux chantent... les voix et les sons s'agrègent et s'orga-nisent comme ont dû le faire en leur temps les poussières d'étoiles après le big bang, mais ici en cinq minutes seulement, c'est infiniment plus rapide. La batterie accélère le pouls de l'astronaute auditeur et l'emporte dans un trip musical digne de la scène finale de 2001, A SPACE ODYSSEY, quand le regard de Dave se tétanise sous les vibrations et assiste impuissant à l’accélération de l'espace-temps caméléon... puis la pression se dégonfle, comme le brassard lorsque la tension artérielle est mesurée. Le piano reprend, seul. Où sommes nous ?... pas dans la chambre avec la lumière verte... je ne vois pas de lit, ni de fauteuil Louis XV... ni de vieil homme aux rides qui se creusent... au rythme de... son souffle court... je pense au bébé translucide qui tourne dans le ciel noir sur le thème d'Also Sprach Zarathustra... une allégorie ?... Lucy avec les diamants ?... Dieu soit loué, il n'existe aucune réponse, ni avec Stanley Kubrick, ni avec Paul. Et c'est ça qui est bien.

mercredi 6 novembre 2013

CHRONIQUE D'UN PAUL MAGNÉTIQUE (3)

Is this love... malgré la platitude du titre, c'est bien là un petit sommet, du haut duquel les contours de la planète rock se perdent dans la brume ; on les devine encore, mais ils ne tardent pas à s'effacer. Ocarina, percussions et synthés vous transportent dans un univers sonore fantastique. On flotte entre CARMINA BURANA et l'un de ses satellites, KOBAÏA. Atmosphère mystique, mais sans crypte ni chapelle, sans prières terrestres ni chœurs célestes... Seigneur es-tu là ?... pas si sûr !... Lovers in a dream. Boussole interne inerte, je me retrouve au centre d'un cercle. Non pas un cercle, mais une sphère, ouverte sur l'horizon marin. Sirène de bateau, glissant sur une mer de métal liquide. Le vent se lève et le bateau s’enivre. Tangage SANDINISTA et roulis REVOLUTION N° 9. Même pas malade ! Lovers est un pari risqué, un pari hasardeux, mais un pari réussi ; plus structuré qu'il n'y paraît et moins radical qu'on pourrait le craindre. L'air vibre d'harmonies cassées, le sol mélodique a été remué en profondeur, le paysage est méconnaissable. Méconnaissable pour tous ceux qui prennent Paul pour ce qu'il n'est pas, un auteur à succès, un businessman qui connaît la musique. Mais pas pour tous les autres, qui le mettent sur le même plan que ces musiciens géniaux, morts. Tous lointains, tous lointains, et lui vivant.

mardi 5 novembre 2013

CHRONIQUE D'UN PAUL MAGNÉTIQUE (2)

Avec Sun is shining, on n'est plus dans le black sound, ni même dans ce que l'on désigne habituellement par le terme "rock". Dans un climat irréel de chants d'oiseaux touchés par la fée électricité, une guitare romantique se mue en guitare underwaïenne ; elle a quitté le registre de Showbiz blues pour squatter celui d'Underway [ Then Play On Fleetwood Mac ] Restent les fameux vocaux mis au point par Paul tout au long de sa carrière post-Beatles, ces chœurs convoités par de si nombreux musiciens qu'ils pourraient remplir l'Albert Hall. C'est en cela que Paul est le roi du patchwork, tant il est vrai que c'est sur cette trame vocale que viennent se greffer tous les ingrédients qui font que ses chansons ont ce que beaucoup d'autres n'ont pas, la grâce et l'éclat. Dance 'til we're high, avec ses cloches et ses violons est dans la meilleure veine de Chaos and Creation, un incroyable bric-à-brac d'arrangements vocaux et instrumentaux, labyrinthe symphonique dans lequel n'importe qui se fourvoierait. Brillant, magnifique, éblouissant. Au suivant ! Moins de trente secondes suffisent pour comprendre que Lifelong passion pourrait être sous-titrée "Within and without George". Le sitar et les tablas ne laissent aucun doute sur la présence ici de brother George, et que dire des "Give me love" qui peuplent la deuxième moitié du morceau ?

lundi 4 novembre 2013

CHRONIQUE D'UN PAUL MAGNÉTIQUE (1)

One, two, three... fire, man ! Sing the changes adopte le tempo classique des Wings, avec cette emphase caractéristique dans les parties vocales et ces chœurs copieux. Une bonne mise en bouche. Le son est fin, la production claire. Travelling light poursuit dans le moelleux, avec cette voix de gorge qui glisse sur le toboggan des cordes vocales, avant de se jeter dans le grand bain de l'attente du public. Piano et vocaux d'inspiration médi- évale. La fin s'étire dans quelques accords en glissando que n'importe quel petergreenoï- nomane identifie instantanément comme sortis de Showbiz blues. Highway repique dans les Wings de Band on the run, avec Linda et Denny Laine, mais pas au Nigeria. Avec ses couplets équarris à travers la grille de Subterranean homesick blues, on est repassés de l'autre coté de l'Atlantique. Puis c'est Light from your lighthouse, un gospel traité comme un vieux country blues, à la manière de Moby dans Play. Voix chaude et éraillée, avec un peu de distorsion et un parfum de Deep South. Une touche de Shine a light, une larme de Sweet Virginia... nous avons les pieds sur un noble terroir ! Le temps de le dire, l'audio- phile vient d’absorber un cocktail, moitié pop song, moitié gospel blues, dont le résultat est instantané, relâchement significatif du quand dînera t-on et gonflement du lâcher prise.

dimanche 3 novembre 2013

 Paul McCartney & Youth  The Fireman / Electric Arguments  Toutes proportions gardées - ce n'est que de la musique, donc de l'air - l'écoute de ce disque paru en 2008 peut être comparée à un voyage, une expédition vers des pays pas sages, sauvages, non occupés, infertiles, insoupçonnés, imaginaires, non encore découverts, des mers intérieures, des terres non encore émergées, en attente d'insularité, indécelables à la boussole à aiguille.

Bref, dans votre e-journal du 4 au 8 novembre = CHRONIQUE D'UN PAUL MAGNÉTIQUE



lundi 18 juin 2012


HAPPY BIRTHDAY, PAUL !















Happy, c'est vite dit...
Faut les souffler les
soixante-dix bougies !

mercredi 4 janvier 2012





Le deuxième prénom

de mon fils est Paul,

les initiales de ma fille

sont MCP... d'image subli

minale dans les années

80, Paul est devenu

figure emblématique...

samedi 24 décembre 2011

Ob-la-di, ob-la-daah...
























                                           Life goes on, braaah...

lundi 12 décembre 2011

L’ÉVANGILE SELON SAINT PAUL (3)

En 1963, de la fenêtre de Denis Chopard s'échappaient les volutes de I want to hold your hand. Pas encore de quoi fouetter le chat de la mère Hiblot, ni ruiner les semis austères dans le jardin du père Ducret. L'année suivante, j'achetais sous le manteau - pourquoi donc tant de précautions (?) - le n° 20 de SLC, avec la photo des quatre garçons dans le vent devant la porte rouge. Mais c'est en 1965 que je décidai de faire mon choix de vie. Je serais un Beatle Addict ou je ne serais rien. Le résultat dépassa toutes mes espérances ; pendant cinq ans, je ne fus rien qu'un B.A. Sûr qu'en entrant en 6ème en 62 et en sortant de Terminale en 70, il était difficile que mon chemin ne croise pas celui des Beatles. Tout ça pour dire que je ne suis pas allé voir Paul à Paris pour la première fois comme un fan va voir son idole, ni comme l'homme du commun va voir l'artiste, ni même comme un mélomane va à la rencontre du musicien. Non, j'y suis allé pour voir comment il était, et comment il allait. Un peu comme on rend visite à un parent plus ou moins proche, mais qu'on ne voit pas souvent, qu'on ne se rappelle pas d'avoir vu, ou comme dans mon cas, qu'on n'a jamais vu. Alors je suis allé, j'ai vu et je suis convaincu. Il est ce qu'il chante (cf. what you eat you are de George) et il a l'air d'aller bien. Et pour tous ceux qui ne l'aiment pas, rassurez-vous, comme disait le grand Charles, un jour, il ne manquera pas de mourir !




















Paul McCartney with Martha, 1967

jeudi 8 décembre 2011

L’ÉVANGILE SELON SAINT PAUL (2)

Faut-il que je vous dise quelques mots des chansons et des musiciens ?... de l'ambiance et du son ?... Oui ??... Alors pour ce qui est des chansons, avant le concert j'aurais volontiers misé sur une parité entre les chansons des Beatles et les autres. Perdu ! Ce soir à Paris, deux chansons sur trois étaient signées Lennon-McCartney. Or si à l'origine, celles-ci s'aggloméraient naturellement autour du pôle M de l'aimant Beatles, chantées aujourd'hui par Paul, elles laissent le pôle L un peu orphelin. Malgré tout, je ne vois pas vraiment où est le problème. John et Paul étaient très différents. C'est enfoncer une porte béante que d'affirmer cela. Le rebelle à lunettes s’accommodait parfois mal de la naïveté un peu déconcertante de Paul et c'est aussi cette antinomie qui a propulsé le groupe entre 1965 et 1970 vers les sommets que l'on connaît et sur lesquels on ne va pas revenir. Revenons plutôt à Paris-Bercy. Dans une salle comme ça, on aurait pu croire que les rocks allaient jaillir comme des taurillons dans l’arène. Eh bien non. Le volume sonore les a un peu écrasés et ce sont surtout les deuxièmes lames du couteau suisse de Liverpool que j'ai vu briller... the night before, the long and winding road, I've just seen a face, I will, I've got a feeling (si on peut qualifier I'VE GOT A FEELING de deuxième lame), the word... et aussi bien sûr les têtes de gondoles de luxe que sont all my loving, drive my car, paperback writer, blackbird, Michelle, something, ob-la-di ob-la-da, day tripper, get back... reste un golden slumbers~carry that weight~the end d'anthologie pour clore la soirée, car il n'est de bonne compagnie qui ne se quitte. Concernant les musiciens, si l'on se réfère à la règle d'or du triangle guitare-chant-batterie, la qualité était au rendez-vous. L'homme aux claviers a montré ses limites sur Eleanor Rigby et a day in the life, mais nous a gratifié sur Michelle d'un petit grigri à l'accordéon du meilleur effet. L'ambiance était bon enfant, très chaleureuse, pas vraiment bouillante non plus ( on n'est pas à Athènes pour une finale du championnat grec de basket ! ). Quant au son, je crois l'avoir évoqué, le boss à la console a mis le curseur un peu haut, mais chacun aura adapté son oreille en conséquence. Voilà... ah oui, j'oubliais une dizaine de titres des Wings plus quatre ou cinq extraits des albums solos qui ont servi de digression et ont fourni dans ce défilé old- fashionned un contrechamp à Penny Lane et à Strawberry Fields, portés pales ce soir-là !
  
 ( à suivre )

dimanche 4 décembre 2011

L’ÉVANGILE SELON SAINT PAUL (1)

Faut-il que la foi du fidèle soit grande pour que celui-ci accepte de quitter son labeur dès 16h pour rallier le lieu de culte ? Oui, elle est grande, et non, ce n'est pas douloureux, puisque c'est un esclavage volontaire. À 17h sur le parvis de Bercy, la file d'attente s'étire comme un immense serpent, en suivant les méandres du jardin public qui jouxte le Palais Omnisports, à l'emplacement qu’occupaient les marchands de vin jusqu'au milieu des années 70. Uns parmi la foule, mais pas seuls, nous sommes les écailles du serpent. Nous, multitude accablante, amas de cellules familiales, membres du même peuple, mais pas de la même tribu, sommes prêts. Je suis avec mon fils et deux de ses amis. Nous battons ainsi la semelle pendant plus de deux heures, patientant dans la fraîcheur d'un novembre à l'agonie. À 19h30, nous pénétrons enfin dans le rouge et le noir. Si les marchands de vin ont régné à Bercy pendant des décennies, aujourd'hui ce sont les marchands du temple. Ici on vend un peu de tout, des sandwichs et du rêve, des posters et des T-shirts. Un scrapbook scénarisé tourne en boucle sur les deux écrans géants situés de chaque coté de la scène. Photos sépia, photos maton, affiches et badges des Fab Four, images figées dans la gélatine du souvenir. Dans la fosse, le public est en manque, il a des envies de soirée privée. Le piment rouge des gradins et le poivre noir des décors ont attisé sa soif de célébrité. Coté célébrité, ça tombe bien, un quart des Beatles est attendu sur scène. À moins que Ringo ne déboule à l'improviste, auquel cas on en aurait la moitié. Mais 25 % de l'infini reste l'infini. Coté soirée privée, c'est raté ; 17.000 partisans sont là, lapins de garenne pris dans les phares de la beatlemania. So what ??...
WHAOOOFLUSSSSHH... Extinction des feux... One, two, three... and now, Ladies and Gentlemen... four, five, six... Paul is alive... seven, eight, nine... and well in PARISSS !!!

   ( à suivre )                                                                                                                 photo © François Bouchon