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mercredi 27 mai 2015

LES TIMBRÉS DU TROMPE-L’ŒIL (6)

Ce qu'ils risquent ? L'article 144, alinéa I du Code Pénal stipule « seront punis d'une peine d'emprisonnement de dix jours à six mois et d'une amende de 300 F à 3000 F, ceux qui auront fabriqué, vendu, colporté ou distribué tous objets, imprimés et formules, obtenus par un procédé quelconque qui, par leur forme extérieure, présenteraient avec les vignettes et timbres du service des postes, une ressemblance de nature à faciliter l'acceptation desdits objets, imprimés ou formules, au lieu et place des valeurs limitées ».

















Bénéficiant de la clémence du Service des Affaires Juridiques et Contentieuses du Ministère des PTT, Pascal Marmin, dont l'enveloppe peinte à l'effigie de l’ayatollah avait été interceptée par le Centre de Tri de Paris en mai dernier, ne sera donc pas poursuivi. Il pourra en outre récupérer l'enveloppe. Mais gare à lui s'il recommence ! Car ses timbres en trompe-l’œil sont considérés par la loi comme des délits. Et la récidive pourrait lui coûter cher. ( FIN )

© Gilles Brochard 1986

mercredi 20 mai 2015

LES TIMBRÉS DU TROMPE-L’ŒIL (5)

Mais comment ont-ils peint ces timbres uniques? Cela se travaille comme une mi- niature, explique Pascal Marmin. Nous utilisons de la gouache pour le motif et de l'encre pour les lettres en noir. Nous ajoutons parfois du tram- age (rayures sur l'effigie avec du Letraset adhésif que l'on trouve dans les magasins de matériel pour dessin), ce qui protège la gouache qui craint l'humidité. À la question quels autres personnages ils aimeraient représenter, la réponse fuse sans la moindre hésitation : le pape Jean-Paul. Pourquoi le Pape ? Eh bien, réfléchissez ! Postée au Vatican, l'enveloppe serait certifiée, le cachet de la poste faisant foi. Ce serait bien qu'on trouve un mécène, suggère Pascal Marmin, comme cela nous pourrions voyager un peu partout et poster nos enveloppes dans certaines postes étrangères. Nous nous documenterions sur les timbres en vigueur dans les pays pour travailler ensuite sur de nouvelles effigies. Pour l'instant les deux faussaires n'ont qu'une envie, récidiver, malgré les menaces des PTT. À la rentrée ils comptent bien recommencer une série de trompe-l’œil sur enveloppes avec de nouvelles têtes ou de de nouveaux objets. Et si grâce à eux, les postes retrouvaient un regain d'intérêt aux yeux du public ?

(à suivre)   © Gilles Brochard 1986

mercredi 13 mai 2015

LES TIMBRÉS DU TROMPE-L’ŒIL (4)

Au Grand Homme (1,93m) La Poste Reconnaissante
Souvent, l'adresse a un lien avec le timbre lui-même. Par exemple, envoyer de la place de l'Étoile une enveloppe portant l'effigie du général de Gaulle à l'adresse de Carlton Gardens à Londres où il résidait pendant la guerre était un clin d’œil astucieux. Pire encore, nos deux compères ont envoyé leur Kadhafi respectif de Villejuif. Sans commentaire ! Le risque que l'on prenait, remarque Jean- François Veillard, était de ne pas retrouver nos enveloppes. Je les ai donc photographiées avant de les poster. Mais cela ajoutait à notre travail une petite excitation. Passer tant d'heures dessus et les voir partir comme cela, c'était dur. La démarche de Marmin et Veillard est sans précédent. Quand Pascal Letellier, le directeur de la galerie COPRAH, leur a demandé de pousser un peu plus loin pour exposer leurs travaux oblitérés, ils ont travaillé comme des fous pour achever ce qu'il est convenu d'appeler la spirale (peinture, poste, oblitération, réception de l'enveloppe) et tout terminer en moins de deux mois.

(à suivre)   © Gilles Brochard 1986

mercredi 6 mai 2015

LES TIMBRÉS DU TROMPE-L’ŒIL (3)

le chapeau de Gaston Defferre
Marmin et Veillard ont su habilement déjouer la vigilance des postiers, à deux ou trois exceptions près. Sur la vingtaine d'enveloppes postées, une a disparu - sans doute subtilisée par un collectionneur - et deux autres ont été interceptées. Il faut dire qu'elles représentaient l'effigie de l'ayatollah Khomeini. Veillard et Marmin avaient peint chacun leur ayatollah et posté d'Auvers -sur-Oise les deux enveloppes. Malheureusement, le célèbre imam frappé du sceau de la République Française s'est laissé intercepter par des agents consciencieux. En revanche, Kadhafi, De Gaulle, les Pieds Nickelés et Hitchcock sont passés sans anicroche. Les employés n'y ont vu que du feu. Ce qui nous intéresse confie Jean-François Veillard, c'est que nous faisons une création. Le tampon, le sceau de la poste certifient l'illusion. Nous avons même ajouté d'autres éléments comme une fausse fenêtre, de fausses déchirures. À ce jeu artistique poussé assez loin dans la provocation, plus d'un se serait laissé prendre. L'illusion est totale. Le prix du timbre, les dents, la mention République Fran- çaise, l'année d'émission, la trame, jusqu'à l'inscription POSTES, tout y est. Prophé- tique, Pascal Marmin a peint la fusée Ariane sur enveloppe. Le timbre est déchiré dans le sens de la hauteur. Quelques jours plus tard, Ariane connaissait le sort que l'on sait.

(à suivre)   © Gilles Brochard 1986

mercredi 29 avril 2015

LES TIMBRÉS DU TROMPE-L’ŒIL (2)

Et pourtant les PTT devraient être contents. Pascal Marmin et Jean-François Veillard, deux peintres de 33 ans, originaires d'Orléans, viennent de rendre un superbe hommage aux postes françaises en exposant leurs miniatures chez COPRAH, une galerie du 11ème. Mieux, le Musée de la Poste pourrait signer un contrat avec eux et les engager pour qu'ils montrent aux philatélistes de tout poil qu'un timbre en trompe-l’œil vaut tous les timbres du monde. On exposerait leurs enveloppes aux timbres inédits : qui verrait vraiment la différence ? Mais après tout, Marmin et Veillard sont peut-être un peu trop culottés pour les fonctionnaires de notre chère Poste ! Car enfin, de quoi s'agit-il vraiment ? Un beau matin, Pascal Marmin et Jean-François Veillard, qui se connaissent depuis l'école primaire, décident de monter une opération originale à base de trompe-l’œil en miniature. Le timbre, voilà une bonne idée. Personne ne l'avait encore tentée. Dans un premier temps, il s'agit de peindre directement sur une enveloppe un timbre à l'effigie inédite. Ensuite, la deuxième étape consiste à noter l'adresse du destinataire - qui peut être celle de l'expéditeur - la troisième phase de l'opération étant de poster l'enveloppe. Bien sûr, la quatrième phase est primordiale : l'oblitération du timbre - le cachet de la poste faisant foi - permettra d’authentifier la peinture, une façon de reconnaître « officiellement » le timbre !

(à suivre)   © Gilles Brochard 1986

mercredi 22 avril 2015

LES TIMBRÉS DU TROMPE-L’ŒIL (1)




















Du jamais vu. Deux graphistes, plutôt que d'aller acheter sagement leur petit timbre poste au buraliste du coin, peignent à même l'enveloppe l'effigie salvatrice qui les affranchira de tout autre paiement à l'administration bien connue sous le sigle de PTT. La dite administration n'apprécie hélas pas toujours le talent des faussaires.

(à suivre)   © Gilles Brochard 1986